Confusion mentale

Je lis ça, à propos de la prochaine cérémonie franchouillarde des César(s) ce Wouiquinde : c’est le ministre de la culture-correcte qui s’exprime, là. Je cite : « Un César du meilleur réalisateur pour Roman Polanksi (*) serait « un symbole mauvais par rapport à la nécessaire prise de conscience que nous devons tous avoir dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ». »
De quoi traite-t-on ici ? de qualité des films. On condamne d’avance le travail de toute une équipe, parce que monsieur Polanski est soupçonné-accusé d’agressions sexuelles, il fut un temps (ça date d’il y a 44 ans, et il s’agirait d’un viol). Certes le temps « ne fait rien à l’affaire », mais justement si ! c’est bigrement ancien. Et quand bien même serait-ce d’un passé récent… qui peut sensément peser la qualité d’une oeuvre à l’aune des turpitudes privées de l’un de ses créateurs ?
Monsieur Matzneff est un piètre écrivain – c’est mon point de vue et je le partage – et fut un prédateur : ce sont deux faits, indépendants l’un de l’autre.  Précisons : il écrivait piètrement, et sur ses frasques, ce qui flattait la doxa de l’époque. Quand je fais la moue sur la qualité de la prose de monsieur Matzneff, je ne fais pas la confusion avec ses travers sexuels : c’est un autre sujet. Monsieur Polanski est un remarquable metteur en scène – c’est du moins mon avis – et on lui impute des délits (crimes ?) passés : ce sont, itou, deux faits indépendants. Et puis les Dujardin, Seigner, et tous ceux qui ont bossé à ce film n’ont pas à endosser les anathèmes, justifiés ou pas, accablant Polanski. Monsieur le ministre de la culture vient d’envoyer le Voyage au bout de la Nuit à la poubelle, puisque Céline était un collabo et un anti-Juifs forcéné.

Tibert

(*) Il s’agit bien entendu de l’Affaire Dreyfus, qui traite surtout du travail du colonel Piquard, qui à l’époque s’efforça de faire la lumière sur ce tripatouillage-montage malsain et mal fait.

4 thoughts on “Confusion mentale”

  1. …  » Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît !  »
    Rien à ajouter. Mais rassurons-nous : dans un siècle, on parlera encore de Polanski quand Riester aura basculé depuis un bon moment au fin-fond des poubelles de l’Histoire !
    Décidément, le Micronibus fait très fort. Je ne sais plus qui disait « On reconnaît la grandeur d’un homme à la qualité des gens dont il s’entoure »…
    Ben là, on est fixés tout de suite !! et si y’en avait qu’un(e)…
    T.O.

    1. Ouais, enfin… le Riester a été nommé par Philippe, et Macronious a béni la nomination. Ce qui ne lui impute pas toutes les conneries que peuvent proférer les divers ministres qui bossent pour lui. Ce qui ne l’exonère pas non plus d’une connivence de fait, d’ailleurs. Reste que la Morale prétend désormais piétiner le talent, y compris quand ce sont clairement deux sujets disjoints – ce qui est le cas ici. Tant pis pour le talent…

  2. … Peu importe qui a nommé ce guignol – un(e) de plus… – à un poste pour lequel il était aussi qualifié que moi pour être archevêque de Canterburry* ; ce qui importe c’est celui qui couvre le forfait ; et là, y’a pas photo ! « La première qualité d’un chef, c’est de couvrir ses hommes… » disait mon père lorsqu’en 39, il s’est retrouvé militaire… par la force des choses. Ce qu’il voulait souligner – entre autres choses – c’est que le responsable n’est pas l’exécutant mais celui qui a pouvoir d’ordonner et de maintenir. Et en 52, au fin-fond de la Lorraine où il s’était battu contre la Wehrmacht 12 ans auparavant, certains de ces hommes lui manifestaient encore leur affection : j’en ai été le tout jeune témoin.
    Pendant longtemps, je me suis interrogé sur le sens de cette citation évangélique de l’Ecclésiaste (X-6) « Malheur à la ville dont le prince est un enfant ! »… ici un enfant gâté, en outre !
    Maintenant, je vois. Mais quel prix exorbitant allons-nous devoir payer un avertissement venu du fond des temps ?
    T.O.

    (*) … et selon toute apparence, les circonstances actuelles sont en train de nous montrer que le constat est tout aussi valable pour le nouveau ministre « de la Santé » ! Incompétence et bouffissure : on n’avait pas déjà eu ce genre de cocktail avec un certain Cahuzac, jadis ? Avec la malhonnêteté, en prime et pour le coup !
    En priant pour que tout cela ne se traduise pas par un cataclysme mondial…

    1. Priez, priez, si le coeur vous en dit : si ça ne fait pas de bien ça ne fera pas de mal non plus, sauf aux genoux. Le Covid-19 s’en tamponne : même l’eau bénite ne fonctionne pas. C’est un mécréant, le Covid-19 ; nous avons ce point en commun – et c’est à peu près tout, j’espère.

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