C’est la faute à…

La faute à qui ?

D’abord cet article du Parigot (C’est le seul canard national qui au coeur de ces vacances renouvelle correctement ses infos quotidiennes, le Fig’ et Le Monde se contentant de vaguement toiletter et retoucher leurs mises en pages avec de vieux fonds de tiroirs), cet article, donc, est faux car partiel-partial : les fonctionnaires n’ont pas trois jours de carence, mais un seul – notez bien que les Socialistes au pouvoir les supposaient parfaits, coulés dans l’acier trempé, exempts de flemme ou de fragilité et ne leur imputaient donc rien de rien de carence.

Mais cette exception mise à part, la mesure gouvernementale qui prétend imputer aux entreprises une partie des frais de courte maladie pour leurs employés mal en point suit cette logique : les salariés (du privé, attention ! pas les fonctionnaires, eux sont insubmersibles !) tomberaient malades en partie du fait de leur activité professionnelle, par la faute de leur boîte, donc…  le travail ça use ! d’où la prétention de faire payer lesdites boîtes.

Belle découverte ! il aura fallu attendre pour cette avancée la fin de la deuxième décade du 21 ème siècle. Blague triste mise à part, les entreprises payent déjà très cher les cotisations salario-patronales pour l’assurance-maladie ; elles subissent tant bien que mal les effets désorganisateurs de ces absences pour causes de santés branlantes ; et voilà qu’on veut leur en remettre une louche ! je ne suis pas un dévôt du patronat, un fan du MEDEF, de la CGPME ou autres, mais il faut constater que, derrière des discours « moins d’impôt, allégeons les charges, libérons l’initiative, redonnons du pouvoir d’achat« , l’équipe Macron-Philippe continue – plus sournoisement que la bande à Pépère-Normal, et aussi efficacement – de charger la mule, à coups de taxes si ce n’est pas d’impôts ;  et la mule, c’est nous.

Tibert

12 thoughts on “C’est la faute à…”

  1. …M’enfin, Tibert ! Vous n’avez pas encore fait le constat : QUEL QUE SOIT LE GOUVERNEMENT en place (et ça date pas d’hier), il fonctionne en « binaire », suivant deux modes de gestion et seulement deux : soit basiquement budgétaire, soit… électoraliste* ; le premier ne cédant la place au second que lorsque les échéances approchent. Le reste du temps, c’est au jour-le-jour, point barre ! On en a eu la superbe démonstration avec le quinquennat Sarko : chaque fois qu’il y avait problème – et donc + ou – urgence – on nous pondait quasi-immédiatement une « nouvelle » loi** … Mais seulement APRES-COUP !
    Or gouverner, c’est avant tout prévoir ; autrement dit faire preuve d’imagination***… et l’introduction de « la Société Civile » dans le fonctionnement de l’Etat n’a rien amélioré ! La finalité d’une société privée et celle(s) d’un Etat sont des choses complètement différentes, pour ne pas dire… assez souvent divergentes ! En outre, pour prévoir correctement, faut non seulement en avoir pas mal dans la cafetière mais encore bénéficier d’un truc qui ne s’improvise pas et ne s’acquiert pas en un claquement de doigts, même sur les bancs de notre prestigieuse « Ecole Nationale des Ânes » : l’expérience.
    L’ancien régime avait au moins ceci de bien, c’est que le futur monarque APPRENAIT son métier de roi auprès des meilleurs parmi ceux qui avaient fait leurs preuves ! Même s’il fallait, durant cet apprentissage, confier le pouvoir à un « intérimaire » !
    Alors ? Ben rien. Sauf qu’aujourd’hui, ce ne sont pas des petits d’jeun’s inexpérimentés – aussi brillants soient-ils – qui seront jamais aptes à prendre en main correctement les rênes de l’Etat tant qu’ils n’auront pas pris suffisamment de coups de pieds au cul ou de coups de poing dans la gu…e ! Mais à leur compte personnel hein ! pas avec des additions à nous faire régler à chaque coup, nous les soutiers !
    Cependant… et le Sénat, me direz-vous ? Ben là, c’est exactement l’inverse : ils sont tellement roués, retors et blindés au coeur de leurs réseaux souterrains comme des araignées au milieu de leur toile que rien ne peut plus les atteindre ! Sauf à supprimer cette noble EHPAD du Luxembourg, son décorum poussiéreux et son avis purement consultatif. Quelqu’un de haut-placé a bien essayé jadis… et ils ont eu sa peau, comme vous savez.
    Attention donc : ils sont aussi forts que nocifs !
    Tiens, à propos d’expérience et avec toute la courtoisie qu’on leur connaît, ni Maquereau-le-Bref (Bref ? du moins, espérons-le !) ni Philippe-le-Bellâtre n’ont jugé bon de se sortir les arpions de leur piscine gonflable pour venir fêter le 100ème anniversaire de la bataille d’Amiens… au sujet de laquelle nous devons très probablement notre 11 novembre victorieux d’un peu plus tard à la formidable assistance-participation des soldats british et de leur général (D. HAIG), dont on oublie trop qu’on lui avait confié, en sus de ses propres troupes, le commandement de l’un de NOS Corps d’Armée…
    Le prince héritier de la Couronne a fait le déplacement, lui : il a dû se sentir bien seul. Ôtez-moi d’un doute : est-ce que nous, français, n’étions pas réputés pour notre civilité, il fut un temps ? Il y a un degré d’incivilité où l’on atteint à l’ingratitude. Et il faudrait s’étonner du Brexit ?

    (*) On exceptera les « temps de guerre ». Du moins officiellement déclarés !
    (**) Je mets « nouvelle » entre parenthèse parce que tout cela se pratiquait – se pratique toujours ? – dans la précipitation, au point qu’au bas mot 85% de ces lois-express font tellement souvent double-emploi avec des textes existant déjà qu’à ce jour, le Dalloz aurait bien besoin d’un bon régime amaigrissant !
    (***) Une denrée de plus en plus rare, et pas que chez nous ; y’a qu’a voir les initiatives d’un Donald Trump : c’est dans les vieilles marmites qu’on fait la meilleure soupe ! Sauf que c’est aussi cette soupe-là qui rancit le plus vite, et m’est aviss que c’est ce qui est en train de se passer outre-atlantique…

    1. Donc on serait dans la phase « basiquement budgétaire » ? ça y ressemble effectivement. Antiennne : « des sous ! des sous, encore et encore ! ». Voilà qui ne nous dépayse pas. On est en terrain connu, c’est rassurant, balisé…
      Un mot sur Amiens : effectivement c’est assez ingrat de n’y point être allé serrer la cuiller à la May et au royal William, qui tous deux n’avaient pas plus envie que ça de s’y coller. Ingratitude… mais ils avaient une excellente excuse, nos princes, je vous parie.

  2. « … mais ils avaient une excellente excuse, nos princes, je vous parie. »
    « C’est ça qu’est triii-iiii-steuhhh… » comme le chantait le grand Bourvil, si mes souvenirs sont exacts…

  3. Rah la la ! Faut tout vous espliquer.
    Le Macaron à sa mémère revenir sur le sol qu’il a dû quitter pour cause de détournement de majeure ? Mais il serait infichu de retrouver un passage vers son ex-lycée. Quant à vouloir sécuriser les lieux pour l’accueil de sa majesté élue – Alexandre se trouvant écarté des caméras pour un temps… indéterminé) –, ce n’est pas envisageable concrètement dans l’état où se trouve actuellement la voirie du chef-lieu de département (ex-capitale de l’ex-Picardie).
    Précision : depuis plus d’un an, les rues zet avenues de la ville sont défoncées par les travaux concomitants de pose de tuyaux de chauffage collectif et d’installation du futur tramoué électraque.
    http://www.courrier-picard.fr/62836/article/2017-10-10/gros-travaux-en-perspective-amiens-pour-le-reseau-de-chaleur
    https://www.lexpress.fr/region/picardie/transports-a-amiens-attention-travaux_1835733.html
    (Veuillez accepter mes escuses, je n’sais point poser de balises)
    Bref. Notre vieux Général aurait crié à la chienlit. C’est simple, on ne peut plus circuler en ville et comme les anciens parkinges aériens intra-muros ont tous été convertis en blocs d’immeubles résidentiels, il devient quasi impossible d’effectuer ses courses au centre-ville. Vous pouvez en déduire l’état d’esprit des commerçants d’icelui qui sont en train de péricliter (deux librairies généralistes avaient déjà fermé, la dernière survit mais pas pour longtemps peut-être, alors que la ville abrite encore une université). Pas sûr que ce Macaron-là y soit le bienvenu ! D’autant moins que pour leur enfoncer la baïonnette bien profond, dans le même temps, un « shopping promenade » regroupant les temples de la consommation mondialisée (dont un cucultura off cursus) s’est ouvert près de l’hypermarché nord, nanti de ses nombreux parkings indispensables. La vieille ville crève, exsangue.

    Où est le temps où sa vieille Dame bruissait des parlotes des artisans et commerçants prenant langue pour leurs affaires courantes dans les chapelles rayonnantes de sa nef ? Sa vocation proche sera sans aucun doute de devenir un musée… un de ces derniers lieux silencieux de notre monde toujours plus bruyant et agité.

    Alors imaginez dans ce merdier accueillir dans le faste d’antan (la France est fauchée) un héritier de la Couronne qui n’est pas encore en charge d’appuyer sur any button except a rosebud ? Un type qui ne manage que sa personne et qui plus est, aîné d’une fratrie, donc un composant interchangeable, quand notre potentat est u-ni-que (encore heureux !). Et cerise sur le gâteau : le futur monarque d’un pays brexité… Quelle importance ? Un premier ministre (femelle ou mâle, peu importe) voilà quelqu’un qui pèse sur le management.

    Vous êtes désuet, Tim. Les régions du nord et de l’est de la France sont saturées en commémorations de la Grande Guerre. Au point où se trouve l’enseignement de l’Histoire qui se soucie de la Bataille d’Amiens ? Et de toute façon, la nouvelle capitale régionale ne se situe-t-elle pas au Touquet, dont le meilleur hôtel se nomme le Westminster ?…

    1. Eh bien… à travers cette adresse à un « Tim » désuet – joute de commentateurs – voilà là une ode picarde à la Picardie et sa capitale. Et quel style ! « Où est le temps où sa vieille Dame [ la cathédrale d’Amiens, je suppose ? NDLR ] bruissait des parlotes des artisans et commerçants prenant langue pour leurs affaires courantes dans les chapelles rayonnantes de sa nef ?  » : on dirait du Péguy. Du Péguy qui aurait pris un ch’tit coup dans l’aile.
      Au fait : que Le Touquet soit la « nouvelle capitale régionale » m’interpelle : c’est la Macronie triomphant de la géographie politique.

  4. … Aaaaahahahahh ! Félicitations, Golondrina : rien à ajouter ! Et dire que j’ai connu Amiens du temps où elle était encore cernée de baraques Marshall et que sa seule gloire – outre ses macarons et sa cathédrale, plus que magnifique ! – c’était… sa tour Perret ! Mais si ! çui qu’a bétonné tout le Havre après le rasage en bonne et due forme par les « Zalliés ». Las : on ne connaissait pas encore les « dégâts collatéraux » à l’époque.
    Pour ce qui est du Touquet, moi j’étais plutôt « Stella-Plage », le doublon populo d’à côté. Mais mes cousins Labaeye (la limonade « La Reina » si ça vous dit qqchose, Golondrina…) possédait un superbe « English Cottage » à toiture en chaume dans la forêt de pins de « Paris-Plage » où nous étions souvent invités, enfants…
    Pour le reste, je l’ai déjà cité mais j’insiste : un excellent observateur du Touquet dans les sixties, c’est Raoul Mille (1941-2012) que j’ai retrouvé bien plus tard à « Nice-Matin » et qui en a croqué un portrait féroce dans « Les Chiens Ivres » ; à propos du Westminster, justement et si mes souvenirs sont exacts. Ou était-ce l’Hôtel de Grande Bretagne ? Toujours est-il que nous dévalions la Rue St Jean à vélo à toutes pédales, ma foultitudes de cousins-cousines et moi, pour aller jouer dans les ruines du grand hôtel devenu aujourd’hui… l’hôtel de ville du Touquet, au sein duquel le tout jeune Yehudi Menuhin – encore avec sa chéchia ! – avait même donné un récital dans les années 30. Et je ne sais plus le nom du bistro de ladite rue St Jean où, dès l’entrée, un perroquet accueillait les clients d’un impavide « Georgette ! Un d’mi ! »
    Las… tous ça ne nous rajeunit pas ! Ceci posé, c’est à la griffe qu’on reconnaît le lion et le style et la connaissance d’Amiens me donnent à penser que j’ai deviné qui se cache sous le pseudo golondrinesque…
    En tous les cas, bises à tout le monde !

    1. Eh bien moi je sèche. Golondrina – qui snobe Péguy bien que lui empruntant ses élans scripturaux – reste planqué(-e ?? terminaison en a donc peut-être féminine, quoique Andrea soit mâle chez les Ritals ) reste planqué-e, donc, derrière sa connaissance approfondie de la Picardie. Ce qui ne nous rapproche pas d’un poil du sujet de ce billet abondamment commenté, mais dans le sens picard, qui n’a rien à voir avec les arrêts-maladie de courte durée. Le prochain billet traitera donc de la Picardie, ce qui permettra aux lecteurs et lectrices de s’étendre sur, disons, l’opportunité de ressusciter la fête de la Rosière, ou pas.

  5. Péguy ? Connais pas. Serait-ce une coquille pour Séguy ?
    Quant au Touquet-Paris-Plage, voir sur Ouiqui ses liaisons ferroviaires et aériennes précoces tant avec la capitale qu’avec l’Angleterre. Des perspectives qui évoquent une enclave, une extra-territorialité dans une région vouée d’abord à la culture… de la betterave. L’invention du Touquet ne doit rien au petit Macaron d’Amiens qui ne fait que se servir dans la corbeille de la mariée.
    Si d’aventure l’envie me prenait de rimer, je serais assez tentée d’associer Touquet et Fouquet…

  6. Pov’ Charles, déjà si souvent oublié alors qu’il a écrit des vers sublimes… Bon parfois aussi un peu « rantanplan-cocorico », d’accord, mais M. Barrès aussi, non..? C’était dans l’air, à l’époque et « faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain », comme on dit outre atlantique :

    Présentation De La Beauce A Notre-Dame De Chartres

    « Étoile de la mer voici la lourde nappe
    Et la profonde houle et l’océan des blés
    Et la mouvante écume et nos greniers comblés… »

    Bon, je suis peut-être un vieux schtroumpf, mais rien que pour ces trois-là, je donnerai tout Baudelaire. M’enfin, les goûtzélécouleurs, hein…

    1. Péguy contre Baudelaire, deux Charles, match en 15 rounds. Effectivement, ces vers là avec leurs « et et et et et… » sont de belle facture. C’est nettement mieux que du Séguy ; quant à Baudelaire… c’est affaire de goût personnel.

  7. Qui sait, Tibert, où se trouvera l’hirondelle (golondrina en espingo) lors de votre prochain billet ? Ces bêtes-là ont-elles seulement une patrie ? Tout au plus s’est-elle posée un instant sur la tête de l’un des rois de la galerie du même nom…
    Quant aux taxes, voilà bien longtemps que les gouvernants déshabillent tour à tour Pierre pour rhabiller Paul lorsqu’ils ne bradent pas les bijoux de famille. Vivre sans projet à long ou même moyen terme ne s’appelle-t-il pas vivre d’expédients ? L’important restant de diviser pour régner… rien de nouveau sous le soleil même dans une piscine hors-sol.

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