Crocodiles et badernes

( Les décès n’ont pas des poids égaux… monsieur Jospin a “passé” quasiment en même temps que la légendaire Loana, cette blonde vedette de la première émission télé à montrer des gens enfermés ensemble, vaquant à leurs passionnantes occupations ( reality show, en rosbif). Le degré zéro du spectacle, le voyeurisme poussé au “rien” : “Qu’est-ce qu’elle fait ? – elle se gratte la jambe. – Ah, lui il nettoie ses lunettes” ). Eh bien, les valeurs étant ce qu’elles sont, plutôt que l’ancien premier ministre “l’austère, qui se marre” , c’est Loana qui a monopolisé la prose journaleuse ; si ça se trouve, d’aucuns proposeront de la panthéoniser. Comme quoi, la célébrité, hein… )

Mais, on le sait, les badernes sont vieilles, comme les lurettes sont belles, immuablement. Une (vieille) baderne ? sans doute à l’origine, vieux cordage tressé pour protéger les bordages des navires contre les coups de quai ; maintenant on met de vieux pneus. Dans la littérature classique, “officier, homme assez âgé, d’esprit borné” . Voilà. C’est tout à fait ça :

… je songeais, passées les Municipales, au futur de notre beau pays. On va, sous peu, au printemps de l’an prochain, nous proposer un éventail de badernes, donc vieilles, avec de vieilles idées. Aux extrêmes du spectre politique, le vieux Léon Davidovitch Bronstein (*) va tenter (ça fait un siècle que lui, ses chapelles, ses groupies, essayent de nous vendre leur néfaste soupe) sous les traits d’un JLM, vieux professionnel politicard aigri mais habile à manier le verbe ; en face, la “légitime” descendante/héritière MLP d’une dynastie bretonne ancrée à droite-droite, va – si ses embrouilles judiciaires le lui permettent – nous présenter son moins mauvais profil pour nous fourguer un programme bric-à-brac aussi crédible qu’un zouave grimé en ballerine. C’est affligeant, tout simplement.

Rêvons un peu, il doit bien exister, dans les effectifs de la droite du centre, du centre de la droite, de la gauche pas anti-républicaine, de la droite tout court, de la gauche de la droite, de la droite de la gauche, bref parmi les Français qui aiment leur pays et n’ont pas envie d’en refiler les clés à des amateurs, des furieux ou des has been, quelques individus susceptibles de mettre au clou leurs vaines querelles, de se mettre autour d’une table avec écoute et cordialité, pour nous proposer des perspectives possibles, claires, utiles, positives. C’est décourageant de voir immuablement les mêmes vieilles trombines nous entonner les mêmes vieux refrains contradictoires, et d’avoir la quasi-certitude que ça va continuer comme ça.

Tibert

(*) Prononce-t-on Bronstine, à l’américaine, ou Trotski, à la russe ?

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Recopiez ces symboles *