J’en ai marre de devoir systématiquement sortir ma calculette pour multiplier les nombres des articles techniques par 2,54. On sait que seuls les Etats-Uniens, eux seuls au monde, utilisent encore leurs pieds, leurs pouces et autres longueurs corporelles (*) pour mesurer les longueurs (les poids, les volumes, c’est pire, c’est selon les origines géographiques). Et… on leur baise les mains ! on embrasse leurs godasses ! Enfin, “on”, disons … 1) les constructeurs nippons, chinois… bref tous les asiatiques qui fabriquent pour les Etats-Uniens et pour nous par la même occasion ; 2) tous nos journaleux, soucieux d’économiser leurs neurones. Tenez, un nouvel ordiphone (mobile, cellulaire…) testé par une revue genre High-Tech… “poids : 205 grammes” (tiens ? des mesures normales ? en états-unien, on dit 205 / 28,349 = environ 7. 1/4 oz… vachement simple) ; et puis diagonale d’écran : 6,44 pouces !! traduisez : 6,44 x 2,54 = 16,36 cm. On vous fait grâce des 1/100 de cm; ça donne 163 mm. Cent-soixante-trois millimètres, environ seize centimètres, ça me parle, c’est trop grand ; encore un mobile-drap-de-lit, et qui va me provoquer une scoliose.
Mais je m’énerve, là, ça ne mérite pas. Tant pis, je ne vivrai pas assez vieux pour voir l’adhésion des USA, seul pays récalcitrant au monde, au système métrique. D’autres navettes spatiales, d’autres avions s’écraseront à cause d’un oubli de conversion d’unités.
Tenez, je suis las, très las. J’envisage de raccrocher. Pour me changer les idées, j’ai composé un petit Aïe-cul de ma façon. Je n’y respecte pas les règles du mini-poème japonais, ça se veut aussi léger, mais c’est autre chose. Prenez ça comme… disons, un moment de grâce, comme en éprouvait paraît-il madame Kosciusko-Morizet dans le métro.
J’avais en main un flan à la vanille, acquis à la boulangerie du coin…
J’ai rencontré une amie, lectrice et critique chez Gal-y-Mar ;
elle avait faim… avisant mon gâteau,
elle m’en a gentiment demandé un p’tit bout.
Pour plaisanter, ah ah, j’ai répondu
être disposé à le lui prêter !
Moralité : j’ai prêté le flan à la critique.
Tibert
(*) Et pourquoi pas leurs dicks (**), tant qu’ils y sont ?
(**) Voir ce mot.
