Madone et maldonnes

Je suis béat d’admiration devant l’entêtement et la mauvaise foi – la faux-culterie, pour être plus imagé – de nos Grands Chefs : il faut l’oser ! entendre Philippe Premier, depuis le Vietnam ou ailleurs, justifier les augmentations « scrogneugneu » des carburants « pour sauver la Planète« , c’est un grand moment « les yeux dans les yeux » de mauvaise foi. Il est bien clair pour tous que c’est depuis des lustres une des rentrées de fric favorites de nos bons et imaginatifs fonctionnaires de Bercy, et c’est si commode ! on en a absolument besoin, pas vrai ? il faut y passer, à la pompe. Il faut raquer, nolens volens, c’est réglé comme du papier à partoches.

Evidemment la pollution vient des voitures, mais pas que ! oh non pas que… tenez, les industriels… et les chauffages au fioul : j’en connais des tonnes de gens qui se chauffent au fioul, dans nos campagnes, vu que le gaz de ville… reste dans les villes – les canalisations vers les hameaux c’est trop cher pour des bouseux – et que les citernes à propane, sous l’oeil impavide et goguenard de la DGCCRF (censée surveiller la concurrence loyale et les fraudes) sont la chasse gardée et super juteuse de cinq ou six larrons en foire (*). Eh bien, le chauffage au fioul, ça ne pollue pas ? hein ? bien pire que les bagnoles ! il n’y a pas de filtres à particules… mais qui propose, là haut chez nos Chefs, aux mauvais Français qui s’en servent salement, de passer à des chaudières propres avec du gaz à tarif raisonnable, voire, rêvons un peu, subventionné ? ou avec des pompes à chaleur abordables ? silence de mort… apparemment ce n’est pas tendance. Alors ? alors polluez, polluez, on va en emm… asticoter d’autres, au hasard… les z’automobilistes, tiens.

Mais au fait : Ségo, notre Madone des Pôles et de Melle (dans le 7-9) réunis, madame Royal, dans un article que j’ai apprécié, s’en prend, elle aussi et comme moi, aux taxes obstinément croissantes infligées aux automobilistes. Lisez donc ça : c’est du nanan. Madame Ségolène, nonobstant un opportunisme sous-jacent et que je subodore, vous parlez d’or.

Tibert

PS – Tiens, Notre Macronibus Rex vient de confirmer ce que dit son bras droit : « J’assume parfaitement que la fiscalité due au diesel soit au niveau de celle de l’essence et je préfère la taxation du carburant à la taxation du travail ». Certes… noble cause… eh bien, soit, et pour préserver le pouvoir d’achat des Français, et enfin casser cette sale habitude de tout mettre sur  le dos des automobilistes, « y a qu’à » baisser la fiscalité des deux types de carburants pour qu’ils soient alignés. Pas con, hein ?

(*) Vitogaz Antargaz Finagaz Primagaz Butagaz, les trois mousquetaires-gaz du propane en citerne à tarifs soignés, plus Repsol par-ci par-là au Sud-Ouest, et puis quelques frontaliers… pour les frontaliers.

C’est fou ce qu’ils comprennent bien

J’ai demandé à mon engin de fouilles sur la Toile de me trouver des articles sur « Je comprends la colère« . Tenez, vous ferez le test si ça vous chante, c’est instructif : ils comprennent, tous ! c’est fou ce qu’ils comprennent. Madame Buzyn comprend la colère, monsieur Sarkozy aussi, et puis Dupont-Aignan, et le préfet de police, etc. Dernièrement c’était le Premier Philippe qui comprenait la colère des automobilistes, et plus récemment c’est le suppléant de monsieur Hulot, De Rugy, qui lui aussi disait « comprendre le mécontentement » – vous admettrez que c’est assez voisin comme discours.

Mais, il y a un mais. Ils comprennent la colère (le mécontentement si vous y tenez) MAIS ! car le discours standard c’est « jecomprendslacolèremais« … mais monsieur De Rugy le dit : « Le but n’est pas de renoncer aux nouvelles taxes prévues pour 2019« . Aaahh ! chers auditeurs, vous aurez donc, c’est réglé comme du papier millimétré, de nouvelles taxes sur les carburants, la mule n’est pas assez chargée,  « pour lutter contre la pollution« , of course ! l’écologie-tarte-à-la-crème en plat unique. « On taxe moins le travail et on taxe plus la pollution« , rugit monsieur le ministre. Qu’on n’ait pour se déplacer (et se déplacer pour travailler, ça aussi ça existe) aucune autre solution que la bagnole – qui pollue, certes, qu’y puis-je, comme polluent ma brosse à dents en plastique et mes chaussettes en fil synthétique – sur quasiment tout le territoire sauf les métropoles, ça ils comprennent, si si, mais ils s’en tapent.

Ils s’en tapent… et puis que la voiture électrique soit un truc super polluant, pas écologique pour deux ronds, ils le savent, en fait, mais peu importe ; il s’agit de taxer. De même que du « choisissez le diésel, c’est bien mieux » ils sont passé sans vergogne à « le diésel, berk, surtout débarrassez-vous en« , ils sauront s’en aviser plus tard quand à force de taxes et de lubrifiant ils nous auront contraints à passer à l’électrique et aux batteries : il sera alors temps de taxer durement ce mauvais choix pour que nous enfourchions, nolens volens, le nouveau dada du moment, à l’huile de colza, à l’hydrogène, au solaire, au plutonium aromatisé ou autre savoureuse solution miracle pour sauver la planète et – heureuse coïncidence – remplir les caisses de l’Etat.

Tibert

Serrez les dents, ou priez, ça marche pareil

Un article assez bien foutu du Parigot ce jour souligne la dingue augmentation des prix des carburants en France. On le constate tous, et les airs de flûte du genre c’est la faute au prix du baril se heurtent à l’évidence : c’est nos Chefs qui se goinfrent, le Fisc avec un grand F. Pensez, sur un litre à 1,5 euro, le fisc se sert 90 centimes, quand le produit y est pour, disons, 40 centimes maxi.  Evidemment, l’antienne bien connue nous est resservie à toute occasion pour justifier l’appétit de Mon Cher Trésor Public : écolo écolo, du vert du vert les petits ! Tenez, la ministre y va de son couplet dans ce sens :  « Ferme sur le choix d’avoir une fiscalité écologique, la ministre des Transports Elisabeth Borne a admis, sur Europe 1, que le gouvernement est « bien conscient que ce choix peut poser des difficultés à certains Français, ceux qui sont éloignés des centres-villes et doivent prendre leur voiture tous les jours pour se déplacer ». Elle incite les automobilistes à s’orienter vers le covoiturage ou à changer de voitures. » En clair : dé-mer-dez-vous, on va continuer à vous mettre la pression, c’est pour la Planète (tu parles, Charles ! ils ont besoin d’encore plus de fric, voilà tout). Discours similaire à celui qui justifie depuis longtemps des tonnes de taxes « vertes » qui alourdissent les factures EDF, vous pouvez vérifier. La transition écologique vous dit merci, n’en doutez pas.

Et alors ? alors il appert clairement que les ruraux-provinciaux, les retraités (les ruraux retraités, vous êtes foutus) vont morfler tout particulièrement. Il y en a, disais-je, qui traversent la  rue sans regarder – le piéton a toujours raison –  pour trouver un job ; à la cambrousse il faut faire 50-80 kilomètres ou plus, à 80 km/h maxi merci qui, et le carburant ça douille ! Madame Borne vous suggère le covoiturage, qu’elle pratique assidument ; ou alors achetez une Tesla, c’est tout électrique ! il y a même une Tesla « de base ». Moins cher, une Twizzy, on s’y gèle les burnes en hiver, assis en tandem. Je vois d’ici mon voisin, 79 ans, qui bichonne deux os dans le fol espoir de clamser avant eux – une Twingo très fatiguée et une Renault 19 diésel sans assistance de direction, quasi de collection – embarquant sa copine de 89 ans pour une virée en Twizzy au marché hebdomadaire de Beaulieu-Les-Lombouses ; il y a la place pour un panier sur les genoux, et la Planète lui dira merci.

Le ménage rural normal a très souvent besoin de deux bagnoles ; il n’a aucun transport en commun digne de ce nom (et encore, il y a le ramassage scolaire, qui fonctionne pas trop mal). Alors ? alors tant pis pour lui, et vive l’écologie, bien évidemment.

Tibert

PS – Le Monde s’interroge gravement : si Manuel Valls va administrer Barcelone, peut-il rester député en France ? de mon point de vue, s’il fait ça – en aurait-il le droit – c’est un bien petit monsieur.