"What else" se met au durable

Message bien brouillé que nous évoque cette brève de Yahoo : le groupe chuiche Swatch (les montres jetables, mais aussi les montres pas faites pour être jetées, genre Tissot ou Longines, et celles qu’on serait fêlé de jeter, vu la ruine, citons Bréguet et Blancpain, plus des zinzins électroniques… bref ce groupe embauche George Clooney pour siéger (avec jetons de présence, peut-on supposer) au Conseil d’Administration d’une filiale spécialisée dans les énergies propres et renouvelables !

George Clounet, donc, touchait déjà un peu de blé pour faire la pub’ des montres Omega, mais d’aucuns se souviennent (merci, chers lecteurs assidus) que j’avions pondu un billet sur la pub’ « What else » du père Clounet, fustigeant la complaisance des annonceurs pour les messages en Rosbif, sans autre justification que de faire branchouille, se foutant ainsi de leur langue et de leur culture.

Mais là n’est plus mon propos, bien chers’auditeurs ! nul n’ignore – et si vous l’ignorez je vous l’apprends – que les capsules de kawa « Nespresso » et similaires sont de bien beaux exemples de gaspillage : là où du vulgaire café en vrac ferait parfaitement le taf, on doit acheter des emballages individuels sous des emballages dans des emballages, claquer des capsules bonnes ensuite à jeter car non récupérables, et le tout fort cher, évidemment.

Donc, George, un peu de cohérence, enfin quoi ! Les montres sans piles, d’accord, les futures énergies douces d’après-après-demain, bon, ça ne mange pas de pain… mais les bécanes à expresso avec capsules de café, ça brouille le message, ça fait désordre : faites-les au moins fonctionner avec des panneaux solaires !

Mouch'mouch', et autres nouvelles réjouissantes

Grandes causes nationales ? la maladie d’Alzheimer, la mucoviscidose, le… les petits vieux sous la canicule ? bonne réponse.

Les excès de vitesse en auto ? bonne réponse aussi. 90 euros tout de suite et que ça saute, et 2 à 3 points de permis z’en moins.

Et puis ? eh mais c’est incroyable ! Savons-nous combien coûte le rhume à la Sécu ? Attendez, on va chercher des maladies orphelines, mais moi qui me mouche abondamment depuis 3 jours, qui dois dormir la bouche ouverte, qui suis naze du matin au soir depuis 5 jours, je ne suis que le 92 ème de l’immeuble, ça défile chez le toubib’ (gouttes, anti-toux, décongestionnants, tout ça…) et il paraît que ça vient d’un passager qui toussait dans l’avion de Montréal il y a 15 jours ! Bon, quand va-t-on se décider à lancer une campagne du style « Télé-rhume » (jamais compris pourquoi téléthon, pourquoi le thon ? il y a d’autres poissons) pour trouver enfin un vaccin contre cette saloperie ?

Moi je vais vous dire : ils le font exprès parce que c’est ça qui leur rapporte un max. Enlevez les rhumes, bronchites, toux sèches, grasses, mi-grasses, laryngites, amygdales rouges, nez qui coule, sinusites… et les toubib’s généralistes -j’exclue les spécialistes, eux c’est plus peinard – peuvent aller pointer à l’ANPE, avec le succès que l’on devine, connaissant l’efficacité de la boîte. C’est simple, c’est comme le moteur à eau, on a étouffé l’invention dans l’oeuf, parce que les pétroliers se seraient retrouvés à poil. Et ils auraient attrapé un rhume.

–  Tout neuf, ça vient de sortir du Web, et je ne résiste pas au plaisir de vous en faire profiter, et le canard Enchaîné devra attendre mercredi prochain, nananère – La « Tribune » de ce jour…
« Cécilia et Nicolas Sarkozy ont annoncé ce jeudi leur séparation par consentement mutuel, via un communiqué de l’Elysée. Le sujet faisait déjà la Une de plusieurs journaux ce jeudi matin malgré la grève dans les transports« .

(C’est moué qui ai mis en gras). Vous vous rendez compte, le divorce de Nicolas et Cécilia en Une avant la grève des transports. Inoui.

Des gamelles et des bidons

Il paraît que le baril de pétrole (il n’y en a qu’un, c’est LE BARIL de pétrole) a crevé les plafonds, c’est la cata etc, l’essence à briquet au prix du Cognac Napoléon, bref c’est le tocsin. Quatre-vingt-cinq dollars LE baril.

Bon, qui peut me dire combien ça fait de litres, un baril ? Je fais les questions et les réponses, ça fait 42 gallons. Eh oui encore une saleté d’unité de mesure anglo-américaine, pour clarifier les choses. Le gallon faisant 3,785 litres, le baril fait un chouïa de moins que 159 litres.

Le rapport produit raffiné / brut est de l’ordre de 0,8, donc ça fait 127 litres de produit utilisable par baril.

L’euro étant à 1,4 dollars à la grosse, on paye 60,7 euros les 127 litres ; donc le prix d’un litre d’essence avant expédition et conditionnnement : 0,48 euros.

Du temps où le baril était « raisonnable », disons 60 dollars, il y a un an, mais avec 1 euro à 1,23 dollar, ça donnait 0,38 euros le litre.

Ca coûte donc, au cul des puits, 10 centimes d’euro de plus qu’il y a un an par litre de pétrole raffiné.

Moralité ? pas de moralité là-dedans, ce n’est sûrement pas moral. Surtout pas la TVA et la TIPP, impôts indirects donc injustes comme c’est pas possible. Et surtout la TVA, car + 10 centimes par litre hors TVA, ça fait + 2 centimes de TVA ! Or, qui peut expliquer le supplément de valeur dans un litre aujourd’hui par rapport à l’année d’avant ? hein ? où est-il, le rab’ de valeur ? il n’y en a pas, il y a du rab’ de coût, soit, mais du rab’ de valeur, bernique ! Il n’est pas plus valeureux, le pétrole.
La TVA, c’est quand même une vraie saleté. Et c’est, on le sait tous, de loin ce qui rapporte le plus à nos maîtres. Dire qu’il y en a qui parlaient, sans rire, de mettre en place une TVA sociale : c’est-y pas l’aveu tout cru que la TVA, c’est tout sauf social ?

Marne, la coquette (plus-value)

On nous apprend dans les Pages Pinard du Figaro que le Champagne, victime de son succès, cherche urgemment de nouvelles zones pour y étendre l’appellation. Il est vrai que même les Indiens nous en achètent, on en a vendu 330 millions de cols l’an dernier, la demande est forte… petit calcul, 330.000.000 / 35.000 = 9.428 ; une bouteille faisant au moins 3/4 de litre (eh, les magnums, hein !), ça donne au moins 7.070 litres, soit 70 hectolitres à l’hectare.

Bon, on sait, ce qui se vend ne correspond pas pile-poil à ce qui se produit, il y a les stocks, la rotation, le séjour en cave, les assemblages… mais pas de miracle, si le flux est régulier, ça fait 70 hectoltres / Ha : beaucoup, quand on sait que les AOC sérieuses se limitent autour des 50 Hl/Ha, voire moins. Et puis, soyons sérieux, les Champagnes de l’Aisne, de l’Aube, ce n’est plus la Champagne, même si les méthodes de vinification sont bien codifiées et homogènes.

Bon, soit, mais c’est pas tout ça : le terrain à blé qui va devenir du terrain à Champagne, ça fait 350 fois plus cher le mètre carré : pas mal, non ? ça mérite de réfléchir. Moi je propose d’étendre l’appellation au Bassin Parisien, d’ailleurs on est tout près, en TGV-Est, maintenant. On fera du Champagne à Montmartre, ce sera du dernier chic.

Plus sérieusement, si les Crémants de Loire, Bourgogne, Alsace, Clairette de Die, Blanquette de Limoux… faisaient un effort rigoureux sur la qualité, mais aussi sur la communication, sur la commercialisation, on aurait peut-être envie de péter un col de Mousseux bien fait au lieu d’un Champagne improbable produit aux confins de la Lorraine ou de Pontaut-Combault ?

Pub'algie, bis

Cet article du Monde nous apprend deux choses :

– un, que le « mobile » existe bien, nonobstant le trop fréquent et impropre usage de « portable » pour désigner ce mobile, qui pourrait aussi être « cellulaire »… mais si nous avions un peu d’imagination, pour paraphraser le « telefonino » des Italiens, pourquoi pas « téléphonette » ? ou « fonette » ? on a bien maintenant la « zappette » !

– deuss, que nos emmerdeurs chroniques, les annonceurs, s’apprêtent à envahir un domaine de plus, le mobile, précisément. Je leur dis plein de gros mots à l’avance, pour les décourager : foutez-nous la paix, lâchez-nous la grappe, comment faut-il vous le dire ? non je n’achèterai pas le nouveau CD de Schmurz, ni la dernière production des usines Dugland, et bien au contraire ! à plus que vous me saoûlerez, à moins que je vous achèterai. C’est clair ?

La suite annoncée, c’est que bientôt il faudra payer pour disposer d’un mobile sans pub’, et là-dessus je suis prêt à parier un paquet de cacahuètes.

Foirovin

Allez, un p’tit tour dans les rayons « conso » de notre belle société ! il est évident que les mois de septembre et octobre, voire novembre (le bôjôlais nouvô y débarque) sont des mois en « ard » comme PINARD. Foires au vin chez Aux-Chants, Quart-four, Un-terme-archer, Le-Clair etc. Des affaires ? voire. D’abord les Bordeaux, évidemment les Bordeaux. Caisses bois de Ch. Premiercru (la peau des fesses), du second vin de Ch. PremierCru (presque aussi cher), et des chateaux inconnus en pagaille, à croire qu’il n’y a pas autre chose que des chateaux dans le Bordelais. Mais soyons objectifs, au moins la grande majorité de ces pinards est identifiable, et mise en bouteilles là oû il faut, pas dans le Calvados !!

Non, le probléme ce sont les autres : pratiquement que des vins de négociants. Certes il y a de bons négociants, chers mais bons, dans les Bourgogne et les Côtes du Rhône, mais la plupart du temps c’est au p’tit bonheur la chance, du médiocre de chez Médiocre, négociant à Charenton ou Belleville. Donc, zut, en tant qu’amateur de Bourgogne, moi je pose la question, mais que foutent les vrais bons producteurs de ces vins ? eh bien ils n’ont que faire des foires aux vins de chez Ma Moutte, ils vendent quasi tout aux Chuisses et aux Germains, fort cher aussi, donc bonnes gens de par chez nous, à vous les restes.

Dernier point, n’essayez même pas de repérer dans un de ces péremptoires guides du Pinard LE bon plan, la caisse de 12 qui va bien : c’est peine perdue en général, car le Guide Machepraud a couronné la « Cuvée Mémère » ou la parcelle « Les Crapauds » – élevée en fûts de chêne(*), of course – de l’année 2005, correspondant respectivement à 3.000 et 2.500 bouteilles, vendues depuis belle lurette, donc on va vous proposer la cuvée « Fautedemieux » 2006 du même producteur, qui, elle, n’a évidemment jamais été primée.

Approchez approchez, et à vos starting-blocks, les foires au vin sont annoncées.

Fûts de chêne ! la législation autorise désormais les VDQS et VDP (pas les AOC, mais ça viendra) à donner ce bon goût massif et vanillé de boisé, qui assomme les arômes de fruit, et si apprécié de Mister Parker le Grand Oracle des pinards, par macération de copeaux de chêne… c’est le progrès.

Je m'en fous !

On peut gloser sur l’utilité d’un blog, cette bouteille à la mer dans les océans de la Toile. Je m’en fous, d’où le titre de ce billet. Dussé-je n’être lu que par moué, je persiste à billetiser à qui mieux-mieux, tout seul.

Donc, je le dis tous les 4 à 5 billets, les tarifs d’autoroutes sont honteusement élevés, voyez cet article ! Ces gens-là n’ont que foutre de la sécurité des voitures, c’est le FRIC le FRIC le FRIC. Pourtant il y aurait de gros progrès dans la sécurité si nous n’hésitions pas à les prendre, ces autoroutes pour rois du pétrole, à 30 euros la balade. Mais voilà, c’est trop cher.
Tiens, j’allais régulièrement de Paris à Nantes… plus besoin maintenant, eh bien je vais vous dire comment j’y économisais 10 euros chaque fois (consacrez ces ronds bienvenus à boire une bonne bouteille, tranquillement, ou à bouffer, à trouver un bon livre, à ce que vous voulez).

Prenez l’autobahn (eh oui, faut bien, la RN23 est épouvantable, et c’est fait exprès pour vous dégoûter, pour que vous y renonciez) à Paris vers Le Mans et Nantes ; au Mans, obliquez vers Rennes (oui oui !) toujours sur cette bon Dieu d’autobahn. Prenez ensuite la première sortie, direction Sablé. Sortez vos sous, coût 19 euros, c’est déjà pas donné !!

Suivez vers Sablé, traversez (simple : contournante à droite), enquillez vers Le Lion d’Angers, puis Candé… de bonnes, d’excellentes routes toutes droites, peinardes. A Candé, suivez vers Mésanger et Couffé, rejoignez la RN23 au Cellier, et hop, à Nantes en 10 minutes.

Vous allez « perdre » 25 minutes ; oui. Eh bien, vous aurez en contrepartie économisé 10 euros, montré à ces requins d’autoroutiers que vous pouvez en partie vous passer d’eux, et arpenté la France profonde un peu plus sereinement. Au passage, les radars du centre d’Angers pourront aller chercher d’autres pigeons, et qui sait, un p’tit bistrot sympa au détour d’un village ?

Journée des queues

Vélocipédant hier dans Paris – avec mon beau vélo, pas ces Vélib’ uniformes et tristes, impersonnels et hors de prix – pas pour le cycliste, mais pour le contribuable parigot – je passais devant l’Assemblée Nationale : une queue de 150 mètres devant les grilles !! et pas des parlementaires venus bosser un dimanche, non, des quidams, patients et stoïques, venus voir si le décor des questions du mercredi est bien celui qu’on leur montre à la télé.

Idem devant le Sénat, le Palais de Justice et je ne vous parlerai pas de l’Elysée, il paraît qu’on pouvait même, après 3 heures de queue, apercevoir le bureau du Chef !! si, si.

Bref : il faisait beau, la ville était calme, pourquoi diable aller se coller à queuter 2-3 heures pour VOIR ?? Est-ce que le Petit Nicolas se décarcasse pour venir VOIR MON bureau ? hein ? bon, alors, pourquoi ce besoin de VOIR le sien ? il est plus beau, son bureau ? pas sûr, qu’en savez-vous ?

Passer son temps dans une queue, un beau dimanche matin de septembre, quel gâchis. Et dire que l’automne arrive.

Pub'algie

Des fois que la pub’ vous paraîtrait envahissante – impression fausse, sûrement, on n’en a pas encore dans les cages d’escalier et sur les poubelles d’immeubles, mais ça viendra, ça viendra – vous allez pouvoir en bouffer encore plus si vous utilisez les transports ferroviaires : gros marché en vue pour Decaux, ClearChannel, etc. Donc dans les gares (bof, c’est déjà le cas), mais aussi sur les voies, vous allez voir défiler des panneaux-pu des panneaux-bli des panneaux-publi des panneaux publicitaires, jusqu’à la nausée, j’espère. Laissez-vous bercer par le Corail Theoz ou le TER du coin, jetez un regard rêveur par la fenêtre du compartiment, et voyez comme c’est beau, « casse les prix », « y a bon », « allez tous chez… ».

Il y avait ça dans le métro de ma jeunesse (les rames vertes, beige pour la Première), les poinçonneurs, les portillons automatiques) : dans l’obscurité des boyaux défilaient les célèbres « Dubo Dubon Dubonnet », faiblement éclairés par le passage des rames grinçantes. Mais c’était un rythme, un jeu, une attente, et je n’ai pas dû boire plus de deux Dubonnet dans ma vie.
Problème : la vitesse empêchant de lire correctement les textes normalement libellés, il va falloir étirer les lettres, et ce d’autant plus que le train ira vite : là où un panneau immobile ne vous bouffe que 4 mètres de large de votre vue sur la vallée de l’Epte, il faut au moins 12 mètres de large pour les panneaux au droit de portions à grande vitesse ! Adios la vue sur la vallée de l’Epte. Ou bien alors, comme pour les parachutes, il faudra faire des trous-trous dans les panneaux pour vous permettre de voir ce qu’il y a derrière. Vue pointillée, voire pointilliste sur la vallée de l’Epte, merci la SNCF.

Restera à attribuer les espaces non envahis par la pub’ à des annonceurs, pour que vous sachiez à qui vous devez ce moment de tranquillité sans pub’ ! « Ce moment de non-pub’ vous est offert par Schmurz, le leader européen du matelas isopotentiel à nappe de détente alvéolée ». Merci, Schmurz !

Virgule nonante-neuf

Je lis ce matin sur le Fig’net un entrefilet concernant les baisses de prix des « Iphones » de chez LaPomme : premio, les gogos qui se sont précipités pour acheter le bidule en question sont cocus, il eût suffi d’attendre un peu (ce qui confirme ce que mon père disait : quand tu vois tout le monde se précipiter à droite, file à gauche). Bref ils en sont de 200 dollars, et tout ça pour avoir un autre mobile qui fait le même taf que les copains.
Mais, deuxio, et c’est là le propos de ce billet : vous constaterez que tous les prix de chez LaPomme sont des multiples de cent moins un. Par exemple 299, 399, 499, 599… voilà des gens qui sont moins avisés que nos épiciers, nos vendeurs d’électroménager, meubles, quincaillerie… ils nous auraient proposé des 299,99 ou des 499,99 – ce qui, notons-le bien, nous aurait privés de 0,99 unités monétaires. Pas cher, LaPomme !!
Il n’est un secret pour personne que ces prix en 99999 sont dûs à la vieille recette éculée qui veut faire croire qu’on paye, par exemple, « quatre-cents et quelque » quand le prix s’affiche à 499, alors qu’on va payer cinq-cents moins un pouyème ; juste de quoi acheter une bricole à 0,99, ensuite de quoi il nous restera 0,01, juste de quoi shooter dedans sauf que la pièce est trop petite.

C’est dire le mépris dans lequel les experts de la vente tiennent les acheteurs. C’est aussi constater que les prix ne sont que de très loin liés aux coûts réels : la seule vraie question qui hante les marketeux, c’est « combien sont-ils prêts à payer (sous-entendu : ces cons-là?«