Allo Paul ? où t'es ?

Quand je suis en voyage outre frontières, je crains un certain nombre de calamités, le joint de culasse sur l’autobahn, la bouffe locale – dans certains pays, seulement, soyons honnêtes… et les appels téléphoniques – sur mon MOBILE, pas mon portable, car je ne téléphone pas avec mon ordinateur.

Mon mobile sonne, donc, disons dans une rue de Bologne, Italie : 1 euro !! je prends l’appel : 1 euro la minute. Ah c’était une erreur : ça fera 2 euros. Pour rien, sauf que ça fait 2 euros pour les opérateurs de téléphonie mobile.

Savez-vous que, chaque fois que je passe la frontière, Orange, mon opérateur national, me gave de messages du style : votre messagerie est accessible sur le XXX, appelez le YYYY pour avoir la vitesse du vent à La Baule… des nigleries, quoi – eh bien, malgré tout, c’est gratuit !! si, si, Orange me balance de la pub’ non souhaitée par pelletées, mais a l’élégance de ne pas me le facturer quand je suis à l’étranger. Ils sont bons, tout de même.

Mais mais mais : l’info, c’est que ça va enfin se moraliser un peu. Lisez ceci dans le Monde ; on va désormais, incessamment sous peu, pouvoir recevoir des appels erronés ou inutiles en Grèce ou en Croatie pour 0,25 euros seulement !!

Allons, l’Europe a du bon, merci Bruxelles, une fois.

On attend les chiffres

Bonne nouvelle, si j’ose dire, le Monde nous annonce que « … les cours pétroliers sont repartis à la hausse après la publication de chiffres hebdomadaires des stocks américains, montrant une nette contraction des réserves de brut. »

Eh oui, depuis que Jean-Marc Sylvestre and Co (en direct de la Bourse, of course) sont familiers de nos radios périphériques, nos boursicoteurs z’avertis attendent toujours, anxieux, « les chiffres du déficit américain » – ou les statistiques du chômage aux USA, la production de clarinettes au second semestre aux Etats-Unis, les résultats du Super-Bowl – pour déterminer leur stratégie du jour.

Il est donc fort réconfortant pour le quidam français qui arrive devant une pompe à essence – à fioul, d’ailleurs, le plus souvent – et découvre, écoeuré, que ça a encore augmenté, il est réconfortant, donc, de savoir que c’est pour une bonne raison ! Un type, là-bas, à Minneapolis ou à Dallas, a fait des additions, comme ça parce qu’il s’ennuyait ferme en attendant son bus, et voilà qu’il découvre, en cumulant les réserves de brut ici et là (c’est dans tous les journaux, vous savez ça) , que la somme obtenue est plus petite que ce à quoi il s’attendait ! Damned, by Jove, dit-il, et il fonce sur la première cabine téléphonique, introduit un quarter et beugle « operator, pass me the New York Herald Tribune, vite mon petit, please » : et hop, la nouvelle fait le tour de la terre, les stocks de brut aux USA se sont nettement contractés !!! panique à bord.

La mécanique est simple : soit les stocks se contractent (la demande est forte, les prix du pétrole vont grimper) soit ils augmentent (la demande est faible, l’OPEP hausse donc ses tarifs, et le pétrole va être plus cher) : la seule petite chance que notre gas-oil reste abordable à la pompe, c’est que les stocks ne bougent surtout pas !!! Pas bouger, les stocks aux USA. Au pied.

Alors, les mecs, là-bas, aux States, faites votre boulot, merde quoi, et surveillez-moi ces stocks un peu plus sérieusement. On a vraiment affaire à une bande de bras cassés, ma parole.

A contre-courant

Mon defunt pere avait deux maximes a la bouche, qu’il ressortait assez souvent :

– la premiere consistait a citer Pascal (Blaise, l’inventeur du limacon avec une cedille) a propos du malheur de l’homme ayant son origine dans son incapacite a rester seul et tranquille chez lui.

– la deuxieme recommandait, lorsqu’on voyait tout le monde se ruer dans une direction, de se diriger resolument a l’oppose.

Ces deux recommandations sont sages, et certes bien des voyages pour rien, des week-ends mornes se terminant invariablement par la queue au peage de St Arnoux en Yvelines, des files d’attente pour se faire dedicacer le dernier Nothomb, des desillusions sur le tome 27 d’Haripoteur, helas etrangement semblable aux precedents, des cohues penibles sur les planches de Deauville, des emeutes pour tenter d’apercevoir un bout de l’oreille du dernier pipeule qui se re-re-marie  seraient evites, pour le plus grand benefice de la planete et des gaz a effet de serre.

Mais ces deux preceptes sont helas contradictoires, et de suivre l’un contraint a violer l’autre. Soit, voyant les hordes hurlantes se ruer sur les vitrines le premier jour des soldes, je decide de rester tranquille chez moi, soit je pars acheter resolument des articles dans un magasin qui ne solde rien, ainsi assure de ne pas me faire pietiner. Angoissante incertitude, d’autant plus que se profile, derriere le raz-de-maree Haripoteur, la deferlante du dernier « iMachin » de chez Apple, dont tout le monde va croire indispensable l’achat hic et nunc, dusse-t-on se faire laminer et tailler en pieces.

Fromage télécom'

On peut lire dans la presse du matin (chagrin, comme d’hab’) que la société Geonumbers, qui se faisait fort de faire contourner les numéros surtaxés (15 ct la minute, 34 ct, etc…) jette l’éponge, soumise qu’elle est à l’amicale pression de certains de ses « amis ».

L’article énonce entre autres ceci : « Seulement, depuis la libéralisation du secteur des télécoms, le marché des numéros spéciaux n’est soumis à aucune réglementation. De fait « la plupart des entreprises françaises ont remplacé leur numéro traditionnel par des numéros surtaxés » (…) «Imposer un numéro surtaxé pour une simple communication sans valeur ajoutée est un abus, voire une escroquerie » « 

Certes ! Il y a par exemple ma succursale bancaire, qui est au bout de ma rue, donc 300 m à pied, et quand je veux lui téléphoner c’est 15 ct la minute, avec Vivaldi en zizique d’attente pour arrondir les angles et l’addition. Donc j’y vais à pied, ça fait du bien à mon portefeuille, et puis le gouvernement me recommande « pour votre santé » de marcher au moins 45 minutes par jour, pas surtaxées, celles-là. alors… et d’ailleurs si ma banque est en étage, c’est encore mieux pour mon coeur.
Tout ça pour  pousser un grand coup de gueule (ça soulage) contre ces pratiques de rapine au téléphone. Oui, ce sont de petites sommes, certes, mais c’est quand même de l’arnaque. Et not’ gouvernement devrait moraliser ce marigot, car ça grenouille pas mal dans ces télécom’s, et ça sent mauvais, les marigots.

La morue, et le Reste !

Savoir mettre un nom sur ce qui nous tourmente, c’est déjà aller mieux. Et ça fait du bien de découvrir dans Le Monde du soir et du petit matin que le mec qui a hanté mes déplacements en train pendant des années – tiens encore une grève à la SNCF, je vais devoir prendre ma voiture, et il ne me reste que 5 points sur mon permis, ah non je ne pourrai pas rentrer vendredi soir, eh merde encore une grève, et mon billet pour Taragon-le-Haut que… bref le gus qui me les brisait menues s’appelle Le Reste. Enfin, un des gus, parce que les z’autonomes, les SUD-Rail et j’en passe, tous d’accord pour empêcher l’ « usager » de voyager, bien qu’ils soient censés de par leur métier le lui permettre, notamment quand il a payé son billet.

Eh bien ce type parle du service minimum, et il n’est pas d’accord, bien entendu, on ne va quand même pas lui casser son unique moyen d’expression : empêcher l’ « usager » de voyager.

« USAGER » : nous sommes des usagers. Pour mon coiffeur, que je paye, pour le boulanger, l’hôtelier, le bistrot… bref pour toute transaction commerciale, je suis un CLIENT. Mais quand je paye pour utiliser un train, je ne suis qu’un USAGER !! ce qui justifie qu’on contrarie mes plans quand on veut et comme on veut ; priver le client de ce qu’il a acheté, c’est du vol, mais priver l’USAGER de ce qu’il a acheté, c’est du syndicalisme.

Allez, un truc plus léger pour vous détendre. Le même canard (cherchez l’article) nous entretient de la pêche à la morue en Pologne. Ils en pêchent trop, les Polonais. Bref, ce qui est curieux, c’est que le CABILLAUD, poisson des mers froides, de la famille des Gadidés, en voie d’extinction, et tant pis pour les Portugais, une fois attrapé, tué, éviscéré, mis à plat, salé et / ou séché, ça devient de la MORUE. La transsubstantiation du cabillaud, si vous voulez. Donc, « pêcher la morue », c’est idiot ! Tout ce boulot pour rejeter le poisson salé à la mer et essayer de l’attraper ensuite, ça va encore plus saler l’eau de mer !!

C’est peut-être pour ça que la Mer Morte est si salée : on a dû y pêcher de la morue il y a fort longtemps, et maintenant c’est devenu trop salé. Ah évidemment si on y avait pêché de la morue fraîche (comme on dit dans les restos chics pour cacher que c’est du cabillaud), ça aurait préservé l’environnement. Mais pourquoi diable pêcher le cabillaud dans la Mer Morte ? c’est une mer chaude, ça ! En principe il n’aurait pas dû y avoir de cabillaud ; normalement il n’y a que des touristes.

Cipistes clystés

L’excellent Monde du « Bastille Day » d’hier nous apprend plein de choses sur les vélos qui viennent d’être mis en location à Paname. Belle initiative certes, quoique la cohabitation des bus, des bicyclettes et des motos -cherchez l’intrus –  dans les mêmes couloirs de circulation soit assez difficile ! Mais ce qui inspire ce billet, c’est que les abonnés à l’année de ce service Vélib’ (29 euros) seront munis d’une puce à radiofréquence !! donc pistables, pistés, suivis, tels l’ours Melissa dans les Pyrénées, qui ne peut pas aller pisser sans que ça se sache.

Il suffira ensuite d’enregistrer la séquence temporelle des feux de croisement, la comparer avec la progression des puces radiofréquence, et hop on pourra savoir que le détenteur de la carte Vélib’ numéro 69712 a grillé le feu rouge au croisement du Bd Arago et de la rue de la Glacière à 17h34 le jeudi 18 juillet ! Et crac dedans, une prune.

Bon je sais, je paranoïe, je force le trait. Mais techniquement c’est faisable. Et aussi de savoir que le détenteur de la carte 47266 et la détentrice de la carte 12654 ont fait un bout de chemin ensemble dans la descente de l’avenue des Gobelins. Le fruit du hasard ? ça m’étonnerait ! La vitesse moyenne de 47266 était jusqu’alors de 15,62 km/h, tandis que 12654 roulait à 11,32 km/h : vous voyez bien que c’est louche, 47266 a manifestement ralenti. Tirez-moi ça au clair !

La Sssécurité avant tout !

Réagissant favorablement à mon récent billet intitulé « à se flinguer », le gouvernement fait preuve de courage contre la vague sécuritaire (« pour votre sécurité… ») et infantilisante, et bien évidemment en plein dans le « politiquement correct » et la « pensée unique » qui bouffe notre cadre de vie et notre oxygène. Le Conseil National de la Sécurité Routière – CNSR – certainement animé des meilleures intentions, et dirigé par des gens qui ont probablement vécu des expériences traumatisantes sur la route, veut nous condamner à l’eau. Eh bien, not’ ministre ne dit pas autre chose que ce que j’avançais :

– à 0,5 gr d’alcool dans le sang, pas plus, on est cap’ de conduire sans danger,

– faisons appliquer cette limite, au lieu de continuer une politique de « toujours plus » inappliquable, vexatoire et consternante, et tout ira mieux.

– ce que ne dit pas le ministre, en revanche, c’est bien que la cause Number 1 des accidents, c’est la route, pas le conducteur. Améliorez nos routes, multipliez les contournantes d’agglomérations, baissez les tarifs d’autoroute ! (*) ça c’est efficace.

Au reste, une récente étude fort scientifique (voir par exemple sur ce site) prouvait que la fatigue (de fin de journée, notamment) est aussi dangereuse que l’alcool au volant : alors pourquoi pas interdire de conduire après le boulot ? hein ? on nous confisquerait les clés de la voiture en arrivant au travail, et on rentrerait tous chez nous à vélo !! Resterait à trouver un double système de convoyage pour ramener la bagnole chez nous, afin qu’on puisse la prendre le lendemain matin, quand on aurait le droit, et le vélo chez notre employeur, pour qu’on le retrouve là le soir suivant !! ça doit pouvoir se faire simplement, non ?

(*) tout récemment, ce Paris-Sablé par autoroute : 19 euros de péage !! quasiment aussi cher que le fioul consommé. C’est carrément dégueulasse, c’est du racket.

Assiettes, sauces et nitrates

Allez, l’actualité nous asticote, mais un blog n’a pas pour vocation de remplacer votre quotidien favori : l’évènementiel est à prendre avec recul, voire avec parcimonie. Parlons bouffe ; en France ça paye.
Donc : assiettes d’abord – plus je visite de restos, plus j’assiste, triste, à la mise sous mon nez d’une assiette garnie ; parfois bien garnie, parfois peu, parfois mal. C’est navrant ! Chers amis, je vous recommande de privilégier, comme moi, le service au plat, pas à l’assiette ; et ça se fait rare… je connais plusieurs bons p’tits bistrots à Clermont-Ferrand, notamment autour de la place de la Rodade à Montferrand, qui continuent à servir au plat : comme quoi c’est faisable. La morue à l’auvergnate le vendredi y est une institution respectable ; si vous ne connaissez pas, allez-y.
* si l’on est plusieurs à prendre la même chose, le plat est bien évidemment plus rationnel et convivial. Chacun prend selon son appétit. Si le plat est chaud, le contenu reste chaud plus longtemps.

* Si l’on boude son assiette, eh bien le cuistot pourra sans vergogne remettre le contenu du plat dans la marmite : faisant la même chose avec le contenu de votre assiette chipotée, il se conduirait en gros cochon (et je l’ai vu faire, oui madame !).

* c’est plus hygiénique : le service à l’assiette nécessite des manipulations (mettre la rondelle de kiwi à droite des 2 haricots verts, disposer les 3 lamelles de viande en éventail… or le cuistot s’est peut-être gratté la tête juste avant !! tandis que mettre les ingrédients dans un plat n’a pas prétention à « faire joli », et c’est tant mieux !! On garnit le plat à la cuiller, et hop.

* ça fait plus de vaisselle ? Oui. Certes. Mais si c’est ça le critère numéro 1…

Sauces : enfin quoi, messieurs les restaurateurs, qu’est-ce que c’est que ces « vinaigrettes » blanchâtres, style giclée de sperme, dont vous nappez partout vos salades ? parfum peu engageant, au mieux quelconque, au pire fort goût écrasant de vinaigre d’alcool, décapant, raide, rebutant. Même les plus beaux mescluns s’en trouvent saccagés. Donc, si, vous, bistrotiers, êtes trop feignasses pour préparer de temps en temps de la vinaigrette normale et correcte (quel boulot !!), laissez-nous sur la table de quoi les faire nous-mêmes : du vinaigre de vin, de l’huile avouable (d’olive si possible, de noix, rêvons un peu, sinon de colza, de pépins de raisin, de tournesol), du sel, du poivre, et basta !! Ce sera bien meilleur que ces pommades masturbatoires, sans doute achetées par bidons de 5 litres chez un grossiste dont le nom commence par Me… et finit par …ro, en 5 lettres.

Nitrates : Bruxelles a la France à l’oeil sur ce sujet. Parcourant la Bretagne, vous y respirerez en effet à pleins poumons le lisier, délicieux effluent produit par ces innombrables et incontournables élevages industriels. Une institution, un « must », paraît-il que c’est le progrès, avec sa marée noire, un Amoco Cadiz de caca… et tout ça se retrouve bien entendu dans les nappes phréatiques tique-tique, et voilà pourquoi les bretons ne boivent, en dehors du Père Julien et du cidre bouché, que de l’eau en bouteilles !! Faudrait qu’ça change, n’est-il pas ? Allez, Bruxelles, encore un effort.

Jambon, jambons

Un entrefilet du Figaro-en-ligne parle du possible rachat d’une marque de jambon industriel « haut de gamme » (celui à 15 euros chez Mammouth) par les jambons Aoste, premier fabricant européen etc…

Imaginez un truc : vous êtes un quelconque charcutier astucieux, ni pire ni meilleur que tous ceux qui font du jambon de cavalerie, et vous avez vent qu’il y a à Anglet (64) une ZAC qui acceuille les entreprises à bras z’ouverts : la « ZAC de Parme ». Pas con, vous vous y installez, vous embauchez 3 ou 4 CDD, et vous lancez le « véritable jambon de (la ZAC de) Parme » : un vague produit un peu mieux présenté, par exemple avec un colorant moins criard, en forçant moins sur le sel… En goupillant bien votre étiquette, les gens peu regardants liront « jambon de Parme », et hop, un hold-up sur une AOC italienne, et presque légal. Youpee.
Eh bien, c’est exactement ce que le groupe Sara Lee a fait il y a un petit bail, repérant un bled de l’Isère nommé Aoste, pas italien pour 2 ronds, et hop, en 2 coups les grosses, l’industriel « jambon Aoste » est partout sur les étals des grandes surfaces ! Ils n’ont pas le droit de l’appeler « jambon d’Aoste » (voir sur Wikipedia) mais bof, les vendeurs du rayon charcuterie de chez Mammouth (mon hyper préféré) font la confusion, et donc les acheteurs aussi !!!

Mes amis (je peux vous appeler mes amis ? merci) chaque fois que vous voyez une étiquette « jambon d’Aoste » sur un jambon chez un charcutier, faites-vous préciser : est-ce vraiment du « jambon d’Aoste », du jambon du Val d’Aoste, en Italie, ou du « jambon Aoste » ?? et demandez la rectification de l’étiquette si, comme c’est probable, il s’agit du second… au bout de 50 clients à l’emmerder, le charcutier finira bien par faire quelque chose… par exemple aller voir à quoi ressemble le VRAI jambon d’Aoste, que l’on ne trouve quasiment plus, hélas ; la faute à Sara Lee et aux con-sommateurs que nous sommes.

Crumble en émulsion de balsamique et sa compotée de coulis

Des trucs en vrac, parce que le vrac c’est moins cher, et tout aussi efficace, car l’emballage, hein, l’emballage, on s’emball’oeil.

– Mister Juppé, ulcéré, s’est amèrement plaint devant les journaleux de sa déconvenue aux Législatives, et digère mal sa démission du gouvernement. Mais, réflexion faite, il reste maire de Bordeaux !! Eh bien, en voilà une décision qu’elle est bonne !! Les Bordelais vont avoir un maire 100 %, alors que tant de villes n’ont qu’un maire 33 %, ou 50 %; occupés qu’ils sont ailleurs qu’à faire leur boulot. Youpee pour les Bordelais.

– Melle (79), célèbre petite ville sans histoires sauf l’ancrage de Mme Royal, hier, au cours d’une virée dans les Deux-chèvres… adorable petite ville, avec plein de belles demeures, des places agréables ombragées de tilleuls odorants – en cette époque de l’année du moins. Un délicieux endroit. Sauf que la D948 – en français, la route de Limoges – étant par trop déviée à Pétaouch’noc, et la signalisation étant peu incitative, tout le monde automobiliste, camionique, mobylettesque se tape le bon vieux parcours à travers la ville : on gagne facile 2 km. Donc horreur, bruit infernal, terrasses de bistrots au ras des pots d’échappement, l’enfer, quoi, tout au long de cet axe pétaradant. Une déviation archi nécessaire, mais loupée. Oh la DDE, y a quelqu’un ?


– Parcourant les cartes des restos : ce n’est plus de la méta-bouffe, c’est de la logorrhée, du soufflé de mots. Et plus les textes sont longs, moins il y a à bouffer dans l’assiette, l’énorme assiette large comme un béret de chasseur alpin, où 3 rondelles jouent aux 4 coins, et traversée d’une zébrure de sauce artistiquement giclée. Allez, on s’en fait une, je cite : « Filet de sole aux langoustines et julienne de pain frite, nage acidulée à l’oseille, tomate au saté et gnocchi de pomme de terre« . Oui madame. Dans les années 60, on aurait eu droit à « Filet de sole grillé ». Donc il y a au moins 2 langoustines, car elles sont au pluriel ; on espère que ce n’est pas une faute d’orthographe. La « julienne de pain frite » moi j’appelle ça de la chapelure ; les « gnocchi de pomme de terre » sont amusants de redondance, c’est comme « tapenade aux olives » ou « pain à la farine » : évidemment que les gnocchi sont de pomme de terre, vous nous prenez pour des pommes ? Et une tomate (ou une rondelle de tomate, ou un quartier de tomate) avec sa giclée de saté à 47 degrés du bord droit de l’assiette, 2 cm au nord du 3ème gnocchi. La nage à l’oseille, enfin, est acidulée, c’est un scoop.


Au fait, gnocchi, comment dit-on au singulier ? gnoccho ?