Du mal à suivre

J’ai du mal à suivre. Ou bien j’aurai loupé des épisodes ?

Ce devrait être en politique comme à la télé : si tu manques l’épisode 27 de la saison IV de « Les contre-altos » tu es sûr qu’au début de l’épisode 28, et exprès pour toi, spectateur volage, il va y avoir un petit rappel de oùsqu’on en était à l’épisode d’avant : ça s’appelle « résumé des épisodes précédents », et si ça te gonfle tu appuies sur la zappette en mode accéléré ; ça ne change rien, mais ça défoule.

Et là j’ai loupé au moins une poignée d’épisodes dans la série « Modernisons nos structures administratives » : ce n’est pas « raccord », comme on dit au montage. Et pas de résumé, rien ni personne pour me raconter pourquoi on en est là, alors que j’attendais dur de dur que Sue-Pamela fasse un coup de morue à Barbara Lee, vu que la soeur du beau-frère de l’associé de Bob lui avait annoncé, au cours d’une vente de charité pour les Vétérans, tout en se bafrant du cheese-cake, que son coiffeur lui avait laissé entendre que Gloria était probablement enceinte – on l’avait entendue aux toilettes vomir dans la cuvette des WC, et elle n’avait bu qu’un coquetel de jus de légumes organic, lors de la dernière party du college baptiste du coin.

Moi, il y a peu – 3 mois ? 4 mois ? – j’entends le Valls en Chef nous annoncer, y aura 12 régions, pas une de plus, allez hop, et que ça saute. Les départements, à la poubelle, c’est en trop, millefeuille, lourdeur, élus redondants, inutiles, tout ça.

Le Sénat s’empare de la question, avec le dynamisme qu’on lui connaît : allez, 15, c’est mon dernier mot Jean-Pierre. Quinze régions. L’Auvergne on s’en fout, le Rhône-Alpes peut bien se la phagociter, en revanche pas touche à mon Languedoc-Roussillon, etc. Et que je te touille le découpage…

Et il y a 3-4 jours, qu’entends-je ? que lis-je ? Un hymne aux départements, dans la bouche du même monsieur Valls. Il est vrai qu’il était aux côtés de monsieur Baille-Roue, l’indéboulonnable égérie paloise du Centre centriste. Et qu’il causait devant l’ Assemblée des Départements de France…

Moi si j’avais annoncé en Avril que les départements c’était cuit, mort, à oublier, eh bien j’aurais été compatissant, j’y aurais mis les formes, faut être humain, mais j’aurais dit en Novembre aux élus des départements, les gars, soyez courageux, faut  tourner la page, cherchez quèque chose d’autre, y a pas d’avenir dans votre bizness, le ré-émaillage des baignoires ébréchées ça paye plus. Mais je suis pas Premier Ministre. Lui, Valls, il leur sort : »… parce qu’on a besoin de cette solidarité, de cette proximité, de cette efficacité [ des départements, NDLR]. C’est ce message, destiné à rassurer les élus des conseils généraux si c’était nécessaire, que j’ai voulu délivrer « .

Les voilà donc rassurés et délivrés, comme il dit, nos chers (oh combien ! ) Conseillers Généraux, de cette funeste épée de Damoclès. L’avenir est radieux, le lait et le miel peuvent continuer de couler à flots, et dorénavant tout sera comme d’habitude. Jusqu’à la prochaine hative tentative de réforme avortée (*), la prochaine volte-face sans aucune vergogne, sans un mot d’explication sur le résumé des épisodes précédents. La réforme territoriale : la ligne bleue des Vosges, le mythe décisif.

Tibert

(*) avortée, qui ça ? la tentative, ou la réforme ? les deux, mon Colonel.


Recette du porc à l'al igot

… ou à l’al sacienne, à la l aitue… mais à l’al igot c’est excellent.

Eh oui, pour être sûrs de ne manger ni hallal ni casher ni végétarien, mangez du porc ! Cette sympathique bestiole n’aura jamais été sacrifiée non étourdie, saignée à blanc et la tête orientée… vers l’Orient, justement. Sachez d’ailleurs que la gent porcine apprécie hautement cet ostracisme religieux qui pèse sur elle et lui assure une fin de vie plus douce, plus humaine, si l’on peut dire : surtout ne changez rien, nous groine-t-elle.

A propos de porc dans les cantines scolaires, Marine L.P., qui connaît bien le sujet, prônait, il y a peu, la politique du ni-ni : ni interdiction ni obligation. C’est plein de bon sens, ça semble aller de soi, le porc est sain et en veau bien d’autres. Et Marine de prétendre que la viande porcine est actuellement, hélas, bannie des menus.

Mensonges ! clamait un contradicteur, c’est faux, il n’y a aucune interdiction réglementaire. Qui croire ? eh bien, un intervenant donnait la réponse : il n’y a aucune interdiction réglementaire – ce serait à la fois contraire au principe de laïcité et dommageable pour les éleveurs de porcs – mais les gérants de cantines n’en commandent jamais, tout simplement. Et ailleurs on fait pareil : les avions d’Air-France ne sont ni hallal ni casher, mais vous n’avez aucune chance de trouver du porc au menu standard (il peut exister des menus « religieux » ou sans viande), parce que tout simplement il n’y en a pas. Pourquoi ? parce que, euh… le hasard, sans doute, la faute à pas d’chance ?

Mais je traite de sujets subalternes, là, pas politiques. Pour élever le débat, voyez : les sénateurs rouspètent contre les annonces du  nouveau Ministre en Chef : il veut supprimer les départements, c’est affreux. C’est qu’ils y tiennent, au Tarn-et-Meuse, aux 36.000 communes, communautés de communes en nombre inconnu, 4.000 cantons, 342 arrondissements, avec les sous-préfectures, préfectures, Conseils Généraux, toutes copieuses administrations et assemblées qu’il faut nourrir, entretenir, avec ou sans porc : c’est leur pain qu’il veut leur enlever de la bouche, à nos chers sénateurs, le Premier Valls.

Mais la résistance s’organise : on nous explique déjà qu’en supprimant le Loiret-Maritime, le Bas-Doubs, on va supprimer la géographie qui va avec, nier nos fleuves, nos montagnes, débaptiser la ficelle picarde, le marais poitevin, la baie de Somme, la crique ardéchoise.

Qu’on ne touche ni à la crique ardéchoise ni à l’Ardèche ! Aux armes, citoyens, en somme, clament nos sénateurs, sauvez nos bataillons.

Tibert, de la Basse-Durance