( Un film qu’on peut – ou pas – voir sur Artépointévé : “Un balcon à Limoges” : une histoire clairement inspirée d’un affreux fait divers à Tours, un crime au féminin avec dépeçage subséquent… à ce propos, les cinéphiles se déchirent, savoir s’il faut “spoiler” , “divulgâcher” ou pas le sujet. Rien de tout ça : on peut éventer la chose, ou la divulguer ; à vrai dire, le scénario étant tiré d’une affaire très bien documentée, tout un chacun a le loisir de se renseigner sur le Houèbe, chez Wiki ou autre. Et tant pis pour le suspense ! D’ailleurs, je vais éventer / divulguer un secret bien gardé : si vous allez voir le film “Titanic” … à la fin, le rafiot coule (ah zut, fallait pas le dire ! )
Mais deux articles se télescopent dans Le Monde : de une, “Je déteste mon job, mais j’ai l’impression que c’est comme ça partout” . Triste constat d’une jeunesse qui pédale dans la choucroute, quand il est clairement essentiel de s’épanouir dans son métier (*). De deux, “La lettre de motivation survivra-t-elle à l’IA et aux évolutions du recrutement ?” . Evidemment, si le jeune postulant détaille dans son pensum de motivation la sombre nécessité pour lui de gagner sa croûte un peu mieux qu’au RSA, alors que l’idée seule lui donne des boutons, ça ne va pas le faire ! J’ai souvenance de m’être tapé moi-même des tas de missives de ce type : des lettres en papier, manuscrites, bien propres, et mises à la poste ! pour les graphologues de la DRH. Autre temps… de nos jours, l’IA vous pond, sans fautes de français, des textes à faire bondir d’allégresse les recruteurs : enfin on le tient, le cariste jeune, dégourdi, sérieux, super motivé, pour le hangar 3 ! et cinéphile, en plus.
Cet exercice stupide, exécuté au stylo, servait surtout à détecter les individus confus dans leur tête, incultes, et les cas de psychiatrie clinique ; y dérouler une prose digne d’un Flaubert ou d’un Camus ne servait guère, face à des lecteurs pas toujours aptes à en apprécier la qualité. Mais pour le reste… évidemment, nom d’une pipe ! que si je postule, ce n’est pas pour vous informer que ce boulot m’emmerde, que je déteste votre boîte ; non, j’en rêve, je jubile à l’idée de, je suis prêt à… et l’IA vous racontera ces fadaises mieux que moi.
En somme, l’IA sonne la mort de la lettre de motivation : bon débarras.
Tibert
(*) Je rabâche, je sais : “Si tu fais de ta passion ton métier, tu ne travailleras jamais de ta vie” . C’est toujours aussi vrai.

