Besoin de personne(s)

D’abord, cette affaire : un dictionnaire, connu comme le loup blanc – LaRouquine, pour ne pas le nommer – mentionne les victimes du massacre du 7 octobre en Israël comme des “colons” : Ooops, après découverte de la chose et moult coups de gueule venus du plus haut niveau – même Macronibus s’est fendu d’un thouïtt incendiaire – l’éditeur qui produit LaBlonde rétropédale résolument : tous ses bouquins vont être relus attentivement, des fois que. Il manque juste un truc, dans cette quête de remise au propre : qui ? qui a rédigé ça, décrivant une masse de jeunes rassemblés pour danser sur de la “musique” (*) comme étant des colons ? L’éditeur ira-t-il jusqu’à chercher qui a écrit ça ? c’est une question qu’on se pose, naturellement, mais on ignore, à lire l’article, si LaBrune se la pose, cette question. En tout cas on n’en saura rien, bien entendu.

Et puis, deux articles qui se télescopent, sur notre belle société du troisième millénaire : de une, hier dans le XI ème arrondissement, à Paris, cinquante (50) personnes rassemblées dans un appartement, au 5ème étage (**)… c’était pour un anniversaire. On se demande quelle lubie a conduit à rassembler 50 personnes pour qu’ils s’époumonent, pressés-serrés, à beugler “Jo-yeu-za-ni-ver-sèr Machin” dans un appartement prévu pour quatre-cinq. Bref, le plancher a cédé : 50 x 80 kg en moyenne = 4 tonnes ; les termites ? les vrillettes ? les capricornes ? la mérule ? non, le poids des fêtards, et peut-être un phénomène de mise en résonance des solives : patatras ! Ce qui a fait des dizaines de blessés, dont ceux du 4ème, évidemment. Sauf si ces derniers ont eu l’idée judicieuse de s’absenter, certainement la seule initiative raisonnable. Surtout pas d’aller rejoindre ceux du dessus !

De deux, Le Monde, lui encore, nous apprend des trucs sur des applications (des “applis” ) de cellulaire qui vous mettent en contact vidéo avec… n’importe qui. Là il s’agit de l’appli Azar (= hasard ; vous voyez ?) ; ou bien chatroulette ( = tchatche-roulette : ah oui je vois ! ). C’est interdit aux mineurs, mais cause toujours, il suffit de cocher la case “Je suis majeur” , ça filtre magnifiquement. Eh bien, les jeunes vont sur Azar quand ils s’ennuient ! Ils ne reprennent pas leur formulaire de trigonométrie, ils n’empoignent pas leur roman interrompu, ils ne se décident pas à ranger le foutoir de leur chambre, ils n’enfilent pas leurs baskets pour aller trottiner ; rien de tout ça. Le cellulaire, y a qu’ça ! Ennui ? ==> cellulaire ! et hop je me fais une vidéo avec une quinzaine d’inconnus, en moyenne. Le Monde nous informe qu’en fait, surtout si l’on est une nana, on peut tomber “au hasard” et nez à nez, si je puis dire, avec une b… possiblement turgescente et en gros plan. Pour tailler une petite bavette, c’est parfait.

On a décidément des problèmes de rapports aux autres, et ça ne va pas en s’arrangeant.

Tibert

(*) C’est moi qui mets entre guillemets : c’était de la techno, du boum-boum lancinant. Ce truc rythmique est à la musique ce que la notice technique d’un chauffe-bain est à un sonnet de Rimbaud.

(**) Issues de secours ? extincteurs ? plan d’évacuation ? non mais et puis quoi, encore ?

Non, pas ça !

( Un néfaste-bouffe à base de {poulet pané-frit + ketchup en dosette + moutarde en dosette + sauce fumée-barbecue en dosette + frites en dosette en barquette-carton} bascule, en France, 24 de ses 400 et quelque “restaurants” (j’ai scrupule à utiliser ce terme) en halal 100 %. Ce qui doit réjouir les musulmans attentifs à ce précepte ; ils vont pouvoir se taper des buckets de chicken wings halal (*), des chicken wings immolées la tête tournée vers La Mecque, et saignées à blanc, encore conscientes de mourir pour nourrir les clients musulmans du colonel Sanders, du Kentucky. Ma foi, ça ne devrait déranger personne si la chose est clairement annoncée : “ce Kahefçé ne sert que des produits halal” : ceux que ça dérange passent au large, il reste environ 380 fast’foudes de cette enseigne qui servent de la viande profane ; reste à les chercher, merci Gougueule-mapses.

Sauf qu’à l’inverse, des tas de restaurants, cantines, gargotes, bouffes d’avion, de gare, de… nous servent du halal sans le dire. Sauf le porc, et les poissons, bien sûr : le premier ne l’est pas, par définition ; les seconds, on n’est pas sûr que le chalutier les ait ramassés de manière à ce qu’ils expirent la tête tournée du bon côté… quant à les saigner, on oublie. C’est pour ça que, dans les avions, je ne prends jamais de viande, sauf si c’est du porc (il est impossible d’en trouver) ou du certifié “non halal” (ce qui n’est jamais spécifié) : eh bien il me reste le poisson – assez peu proposé – ou l’inévitable pasta. Le voilà, le hic : pour faire simple, et faire plaisir à une religion, on nous force à bouffer comme ses fidèles. Moi, ma religion, c’est la bouffe non confessionnelle (**) : je vous propose d’y adhérer.

Mais le titre ? ah oui. Je lis, dans le Fig’ragots, que, suite à l’échec de deux nouvelles motions de censure, J-L “caramba, encore raté” Mélenchon est, derechef, furieux. Et d’agonir le PS de sarcasmes et de vitupérations. En gros, il analyse ça comme une démarche de François Hollande pour revenir dans la course, et se présenter en 2027 ! Et, je cite le canard : “Le fondateur de LFI (…) pense surtout que l’ancien président de la République serait un bon adversaire pour lui, vu le rejet qu’il suscite dans une partie de la gauche” . Pas que ! à droite aussi. Et le lider maximo JLM avec. Vous imaginez le tableau, un duel Mélenchon-Hollande ? D’où mon titre.

Tibert

(*) Il y a un mot français dans cette expression : “de” .

(**) Feue madame Bardot s’est battue pour ça, à juste titre. Qu’on étourdisse les bêtes avant de les trucider, c’est un minimum d’humanité. A défaut d’une clope et d’un verre de rhum.

Abjection, votre Honneur !

Deux brèves ( = 1 longue ?) : De une, le monde à l’envers : les Emirats Arabes Unis ne veulent pas envoyer leurs étudiants en Grande-Bretagne. Ils craignent que là-bas les Frères Musulmans les endoctrinent ! Eh oui, chez les Grands-Bretons les “fréristes” ne sont pas interdits ; non plus qu’en France, d’ailleurs ! Comme quoi l’idéologie bisounours continue de régner chez nous, Européens bonasses. Calmez-vous… ça va bien se passer… on ne vous veut aucun mal, voyons…

De deux, une ode à la zone humide, ce Paradis menacé. Pensez, sur le chantier de l’autoroute A69 Castres-Toulouse, “il y avait des haies, des zones humides” , énonce un défenseur de la nature, navré. Ah… les zones humides… j’en connais, de secrètes… Et de fait, ce chantier a subi des débordements condamnables, dommageables à son bucolique environnement, et à certaines zones qu’il est de bon ton d’arpenter, si c’est ab-so-lu-ment nécessaire, avec des bottes de caoutchouc. Je regrette, moi-même, le chant de la Bièvre sur les galets de son lit, sous le pont-aux-tripes, en bas de la rue Mouffetard, à Paris : c’était le bon temps ! une zone humide de première bourre, avec des libellules, des têtards, des ragondins… Une crue soudaine, en 1579, avait, hélas, emporté une vingtaine de Parigots imprudents, ou mal informés du risque de zones excessivement humides, alias “inondations, niveau 3” , pourtant diffusé par Lutèce-météo et les crieurs publics.

Reste un dessin très contestable, produit par un dessinateur de Charlie-Hebdo : “Les brûlés font du ski” – la comédie de l’année – avec la pancarte “Crans-Montana” pour bien identifier les lieux. C’est, à mon avis à moi, de la raclure d’humour. Le genre de dessin qu’on réutiliserait pour s’en essuyer les fesses, si un génial inventeur n’avait pas fait faire un grand pas pour l’ Homme l’Humanité avec le papier-toilette. Ceci étant, d’aucuns veulent porter plainte, faire saisir le canard, l’interdire : eh non. Un commentaire de lecteur du Parigot, qui traite de cette affaire, reprend excellemment ma pensée : “On peut juger que cette chose est abjecte sans demander son interdiction” . Abject, c’est l’adjectif idoine ; on peut même l’écrire, et condamner le manque total d’empathie de la part de Charlie pour les familles des victimes (*). Pour les victimes, c’est trop tard.

Tibert

(*) Défense du patron du bar incendié à Crans-Montana… on a trouvé, chose aberrante, des gamins de 16 ans chez les victimes… il explique que, si si, on filtre à l’entrée, on vérifie… “il n’est pas impossible qu’il y ait eu des dysfonctionnements” : ah bon ? il y en aurait eu ?

Coriaces

On est dans la gérontocratie, c’est effrayant. Monsieur Mélenchon… ah non, il est encore tout jeune, comparé à d’autres. Monsieur Lang, tenez, dans son fief de l’IMA, l’Institut du Monde Arabe : 86 ans depuis les vendanges de cette année. Et monsieur Jospin, donc ! un record dans sa branche professionnelle, le Conseil Constitutionnel : 89 dans six mois , sous la ferme houlette d’un Fabius qui va franchir le cap des 80. Même âge que monsieur Juppé, qui bosse dans la même boîte.

Mais l’arthrose ? quoi, l’arthrose ? un déambulateur n’a jamais empêché de penser, et puis ils ont des chauffeurs, forcément… le vélo à Paris, c’est évidemment le top – voyez madame Hidalgo, monsieur Brossat, ils ne quittent pas leurs bécanes – mais pour nos anciens, pas question ! c’est super dangereux, avec les couloirs de bus, les feux rouges grillés, etc. Le col du fémur, les chocs sur le crâne… les perdre dans un accident de vélo serait catastrophique ; c’est tout un processus, laborieux, et puis coûteux ! de se constituer un parc de séniors aussi séniors et de cette qualité.

Un boulot qui conserve bien, c’est dictateur : impossible de leur faire lâcher la rampe, ce job doit les motiver. En Iran, c’est l’enturbanné, l’Ayatollah en Chef, là : 86 ans ! Toute sa barbe – les cheveux, mystère (si ça se trouve il est blond façon Brice de Nice) vu qu’il les cache soigneusement. Et hargneux, avec ça ! Il y a peu, il s’en prenait à Donald (80 balais dans six mois), l’accusant d’être responsable des morts lors des manifestations en Iran ; ses mains seraient “tachées du sang de plus d’un millier d’Iraniens” . Petit joueur, Donald : en Iran, c’est environ 1.500 personnes qui sont mortes en 2025, en comptant juste les exécutions – avec la bénédiction du Grand Chef Barbu et Chenu.

Remarquez, les manifestants… s’ils ne se font pas flinguer dans l’action, ceux qui se font gauler, ça revient au même, les bonnes raisons ne manquent pas : sabotage, espionnage, conspiration contre l’état et le Lider maximo, élément anti-régime (koulak, hooligan, ennemi du peuple, contre-révolutionnaire, social-traître…) : au trou.

Tibert

“Largo” , bleu marine, taille XL

( Soit on nous prend pour des neu-neus, soit ce sont des simplets, soit “ils” sont d’un cynisme confondant : voyez, on nous annonce à grand fracas que dorénavant (*) les fruits importés qui contiennent des substances interdites chez nous, seront bannis de nos étals. Adieu avocats, mangues, papayes, ananas, raisins, litchis… abreuvés de pesticides nocifs, d’où qu’ils viennent, en provenance notamment d’Amérique Latine. Les journaleux ont tout de suite lié cette énergique décision à la grogne persistante des agriculteurs – surtout des éleveurs : ce serait pour lâcher du lest… foutage de gueule, pour dire poliment les choses. Nous découvrons ainsi, nous consommateurs, que jusqu’à présent on laissait froidement entrer des produits connus pour n’être ni conformes, ni sains : bravo les gars ! De deux, qu’est-ce qu’ils en ont à cirer, les éleveurs de bovins, de volaille, de porcs, de moutons, qu’on interdise l’entrée des avocats malsains du Mexique, des mangues vénéneuses de Colombie ? C’est du grand n’importe quoi, ce truc, qui soulève, à l’occasion, un coin du voile pudique qui masque la nature des cochonneries qu’on nous propose d’avaler. )

Par ailleurs, et sans ébruiter la chose, en douce, Bricosoft a basculé, depuis grosso modo la fin décembre, vers l’internet obligatoire ! Jusqu’alors, l’acheteur d’un PC + Windoze ou simplement d’une licence-logiciel du même métal pouvait activer son compte “dans son coin” , sans aller sur le Houèbe. Eh bien c’est terminé : “Depuis fin décembre 2025, composer le numéro d’activation-produit de Microsoft débouche sur un message préenregistré laconique (…) qui renvoie désormais vers un portail en ligne exigeant connexion Internet et compte Microsoft obligatoire” .

Une autre ? tenez, “Vous pouvez désormais changer votre adresse mail Gmail sans rien perdre” , le Parigot vous explique comment faire. Eh oui, pourquoi vous em… bêter avec un programme de messagerie ? Gougeule vous stocke tout, gratos (**) ou presque, vos cinq ou six comptes, tous vos messages… toute la journée… en temps réel… sur son petit nuage, sur le cloud ! Quel bonheur de recevoir, paf, tout de suite, les pubs Carrouf, les promotions Quihaby, les notifications SFCN ! Si vous avez commandé des slips, ils sont même capables de vous en dire la marque, le modèle, la couleur et la taille.

Tibert

(*) Ce sera effectif dans quelques jours si tout va bien, si nihil obstat, notamment sous réserve de l’approbation de Bruxelles-une-fois ; bref, peut-être.

(**) Proverbe connu : si c’est gratuit, c’est vous, le produit.

Tous nos vains vœux

J’avais envoyé, comme d’hab’, des cartes de voeux à mes amis et proches ( je signale, à ce propos, que le prix des timbres devient carrément indécent ; la Poste semble vouloir nous décourager d’envoyer du courrier, qu’elle acheminait jadis en 24-48 heures maxi, et qui maintenant débarque rarement avant trois jours. C’est ça le progrès ! mais je ferme la parenthèse ) ; eh bien, le résultat de mes “Bonne année, portez-vous bien, gnagnagna…” ? mon copain Joseph F. m’annonce, hier soir, navré, que son épouse vient de passer, aux urgences de l’hôpital de A, nonobstant mes souhaits écrits, signés, explicites, de bonne santé. C’est la preuve, triste mais claire, que ça ne fonctionne pas ! A vrai dire, j’avais des doutes, depuis quelque temps.

Et puis le feu, la symbolique du feu, la fascination du feu : Bachelard a glosé là-dessus, fort savamment ; cependant que de jeunes personnes, qui ne l’ont jamais lu, croient ludique, beau, valorisant, de se produire, juchées sur les épaules d’un mâle porteur, brandissant vers un plafond hautement inflammable des bougies-étincelles allumées, fichées dans des goulots de bouteilles de mousseux pour que ça aille plus haut. Idem les incendies de bagnoles pour fêter le changement d’année : ça relève de la même croyance curieuse, archaïque, qui lie le feu à la fête. Le “feu de joie” , tenez : ça veut bien dire ce que ça veut dire. Il nous faudra des siècles, avant que l’être humain cesse de se vivre, face à son barbecue au charbon de bois, face à son feu de camp sous les étoiles, en homme des cavernes faisant rôtir, réjoui et l’estomac gargouillant d’avance, un auroch à l’entrée de son antre – dont le plafond, lui, était difficilement inflammable.

Tibert

Un dernier, pour la route

( Madame Bardot a passé récemment, il fut très difficile d’échapper à cette information et à l’avalanche de commentaires, hagiographiques pour l’essentiel. La “nécro” était évidemment prête dans toutes les rédactions de la planète journalistique, donc, tac-tac-tac, c’est parti dru et nourri dès que le top-décès a été prononcé. Mais pourquoi vous en causé-je, moi aussi ? c’est dû à ce qualificatif, “controversé” . Elle avait des positions controversées, madame Bardot. Ses impeccables mensurations d’abord, “ … tu les trouves jolies, mes fesses ? ” , et puis les bébés-phoques massacrés, les juments maltraitées, les abattages de bovins sans étourdissement préalable… que du bon ! on encense avec révérence. Mais en politique, c’est controversé. Soyons clairs : à l’aune des jugements simplets, blanc-noir, bien carrés, c’était une “facho” , une “baduf” (*). Il se trouve qu’elle était assez entière sur certains thèmes, l’immigration en provenance des pays musulmans, la détestable haine de notre histoire socio-culturelle, notamment. Ce que je note ici, c’est que vous chercherez vainement ce qualificatif, controversé, à propos des opinions classées communément à gauche. On n’y souffre pas de controverse : ça va de soi, n’est-ce-pas ? eh oui, c’est la Bonne-Pensée, ronde et douillette, qui a remplacé le catéchisme ; et donc, baduf celui ou celle qui en diverge un tant soit peu. )

Mais je ne veux pas quitter cette année sans un cadeau bien tibertien, ce calendrier des “ponts et congés” 2026. Le Parigot, journal patriote s’il est est, a élaboré pour ses lecteurs – et ça mérite d’être diffusé de Dunkerque à Bonifacio – de savants calculs de jours chômés, permettant de lézarder à satiété, ou refaire la toiture du garage, avec 56 jours effectifs pour 25 déclarés, soit un honnête ratio de 2,24. Cette Une du Parigot sur “comment en foutre le moins possible pour son patron” est chargée de sens, en dit long sur le moral des troupes. A contrario, je vous propose cette maxime, émise il y a de cela quelques lustres, voire des siècles, par je ne sais plus quel sage : “Si tu fais de ta passion ton métier, tu ne travailleras jamais de ta vie” : c’était fichtrement plus rentable que le pont de l’Ascension et les poses de RTT.

Tibert

(*) Baduf : j’ai découvert ce néologisme élégant, pour “bas du front” . Les cons, quoi, affligés d’un volume cérébral limité par une boîte crânienne façon Néandertal. “Mes ennemis sont des cons” : c’est l’antienne de tous les cons envers leurs ennemis.

Dugenou, notre chanteur préféré

( Le Parigot nous tartine un généreux article sur ce malfrat, dont seul le prénom, Nabil – authentique, apparemment – nous est livré. Expert en bidouilles financières, blanchiment de l’argent de la drogue, plusieurs fois épinglé… ses manips favorites : utiliser des dizaines de sociétés-bidon, pour y faire circuler le fric, pire que la dame de pique dans un jeu de bonneteau. Ces sociétés fantoches, il faut les faire “vivre” , leur donner une structure légale et crédible, et l’on a ainsi mis au jour l’activité délictueuse d’une greffière ; je cite : “ces entités – 50 sociétés-écrans – ont toutes été immatriculées au tribunal de commerce d’Évry avec la complicité d’une employée. Cette femme de 36 ans aurait touché 60 000 euros pour faciliter ces démarches. Elle a été entendue mais n’a pas été inquiétée par la justice” . C’est tout de même curieux, non ? c’est normal, dans une administration, de créer cinquante sociétés qu’on sait être de pacotille, de toucher 60 000 euros, sans que ça prête à conséquence ? même pas un stage de citoyenneté ? elle s’est fendue d’une lettre d’excuses, au moins ?)

Et puis, LE classement que nous attendions tous : les personnalités préférées des Français, millésime 2025. Aaaah ! enfin. Je ne vous fais pas languir plus longtemps, et voici le trio de tête : Jean-Jacques Goldman, Florent Pagny, Francis Cabrel. Dingue, non ? trois chanteurs-compositeurs ! Mais, les footeux, les acteurs, les femmes-et-les-hommes politiques ? relégués au fond du classement.

Il est à noter que le Parigot s’intéresse en particulier à un duel, homérique ? légendaire ? peut-être digne des Capulet et des Montaigut, des Voraces et des Coriaces ; il note en effet, en titre : “Omar Sy devance Zinedine Zidane” . On l’aura vu, casaque verte et toque mauve, faire sa remontée dans la ligne droite des tribunes, avant de déborder ZZ dans le virage d’Auteuil.

On est quand même un chouette pays : la chansonnette, y a qu’ça !

Amusez-vous, comme des fous,

la vie passera comme un rê-ê-ve,

Faites les cent coups,

foutez-vous d’tout,

La vie est si courte, après tout.

Tibert, et yop-la-boum.

Un “melon” de toute beauté

L’ivresse du pouvoir, quand “on ne se sent plus pisser” : c’est pire que la dermatose nodulaire, c’est l’hubris galopante. Galopante, eh oui : l’ hubris, issue du grec ancien et de genre féminin, désigne un excès d’orgueil, une arrogance qui conduit à la démesure, avec des conséquences prévisiblement fâcheuses. Elle, l’hubris, donc, qualifie une attitude de supériorité et de mépris envers les autres. Et pourquoi vous causé-je de l’hubris ? eh bien, j’en connais un qui en a développé une version d’anthologie, suraigüe… pour des raisons de sécurité, les identités sont ici changées ; disons qu’il s’agit de ‘T” . T. dispose de son petit réseau social personnel ; il y écrivait hier, causant de Lui à la troisième personne : “« L’âge d’or économique de T. est lancé à TOUTE vapeur (…) Les économistes se sont trompés mais T. et quelques autres génies avaient raison ». Franchement, on tient là un spécimen d’hubris de première fraîcheur.

Mais parlons de choses moins clivantes, comme on dit maintenant : nos parlementaires, épuisés par la rude et infructueuse recherche d’un budget 2026, se sont résolus à mettre une rustine provisoire sur ce manque béant : va donc pour la “loi spéciale” . Mais la plaie demeure, et la stupidité des postures “plus intransigeant que moi tu meurs” (*). Oyez donc, chers z’élus des deux chambres : nous les Français désirons ardemment que vous nous dépatouilliez de cette ornière où VOUS nous avez mis. Il y va de notre avenir à tous, à court terme. Vous mettez votre mouchoir sur vos oriflammes et vos grigris, et vous essayez de construire un compromis correct – évidemment pas selon vos credos affichés, sinon c’est mort. Et que l’esprit fraternel de Noël – ooups ! de fin d’année (**) – vous anime !

Tibert

(*) Sans illusions, les extrêmes des deux bords sont à peu près irrécupérables, les yeux braqués sur la Ligne Bleue des lendemains, forcément jouissifs, chantés par leurs Lider Maximo respectifs.

(**) La laïcité étroite et vindicative, amputée volontairement de toute référence historico-culturelle, veut que Noël fasse place à fin d’année ; dans la même veine, proposons que la fête de l’Aïd devienne la fête du mouton ; ramadan ? shabbat ? Carême ? Pâques ? Toussaint ? Saint-Valentin ? Pentecôte … ? y en a trop ! on va où, là ?

Encore un moment…

... monsieur le bourreau ! Cette phrase célèbre (*), et puis cette autre, “Soyez courageux” , que le directeur de la prison prononçait classiquement, au temps où l’on raccourcissait encore les condamnés, quand c’était l’heure blafarde de leur proposer une dernière Gauloise bleue, un dernier verre de rhum. Bon, mais encore ? et alors, c’est exactement en ces termes que le président Lula, au Brésil, exhorte les Européens à signer enfin les accords du MercoSur : “soyeux courageux” ! Il est clair que les intérêts divergent, que les Allemands en sont très partisans, quand les Français traînent les pieds… mais avons-nous vraiment besoin de formaliser – depuis 26 ans qu’on négocie ! – des traités aussi ampoulés, boursouflés, ambitieux, inquiétants ? ça m’évoque les grandioses programmes informatiques (la paye des fonctionnaires, tiens !) qu’on met des cinq-six ans à bâtir, pour les jeter quand ils sont supposés prêts : lourdingues, bourrés de bugs, déjà obsolètes. Le MercoSur ? un serpent de mer.

Et puis cet article du Monde “Pixels” sur les dernières saletés des réseaux-poubelles, dopés à l’IA : prenez un mâle, que ses testicules gouvernent… il dispose de deux-trois photos anodines d’une nana qui l’ “interpelle” , d’une façon ou d’une autre… il transmet ça vers un moteur d’IA graphique, il lui précise comment dénuder le modèle, et hop, quelques instants plus tard, on lui renvoie sa cible “habillée” , si je puis dire, les fesses ou les nichons à l’air, et plus si spécifié. Reste ensuite à user de ces clichés croustillants, de manière moche, évidemment. Ce genre de pratiques se répand, nonobstant l’ignoblerie de la chose et les dispositions de la Loi. Mais, que faire ? c’est pourtant très simple : tout “moulinage” d’un texte, d’une photo, d’une vidéo, tout document généré par IA devrait être marqué d’un filigrane (watermarqué, en jargon, c’est comme ça qu’on dit). Evidemment si l’on parvient à imposer cette obligation il y aura des fraudeurs : eh bien on pourra les poursuivre plus efficacement. Je me réjouis, intérieurement, à la pensée des innombrables rédactions, dissertations, articles… superbement rédigés, quand on pourra y voir, en grisé léger et en arrière-plan, “généré par MachinTruc-IA“. Mais je rêve, là.

Tibert

(*) La Du Barry , ex-dernière favorite de Louis XV, en décembre 1793, quelques instants avant de terminer, navrée, son parcours terrestre. Idem notre Macronibus, qui demande un délai pour y aller, pas vraiment emballé…