Monsieur Robert Gates Jr, alias Bill Gates, le mythique co-créateur de l’immortel QDos (Quick & Dirty OS : Système Bricolé Vite Fait, rebaptisé plus joliment Microsoft), dit regretter “chaque minute passée” avec Jeffrey Epstein (disons J.E.), ce désormais bâton merdeux, opportunément suicidé dans sa cellule. Bill G. fait partie des très très nombreux mâles, célèbres, dont les noms paraissent dans les tombereaux de documents liés à cette affaire, aujourd’hui largement déballée, de prédateur sexuel “charmant, cultivé” etc… ; il avait en effet, outre ses qualités humaines supposées, plein de fric, une île privative, et des filles agréables pour ses “amis” .
Monsieur Gates regrette, c’est bien normal, et nonobstant la faiblesse humaine (humaine : du mâle), je propose qu’on lui donne quitus de sa bonne foi. Il en est d’autres, tel monsieur Jack Lang, qui assurent n’avoir vu que la version n° 1 de J.E. , cet homme délicieux et si cultivé. Dans la foulée, allant sur ses 87 ans, muni de sa coquette étole cyclamen et de sa face évoquant l’un ou l’autre des jumeaux Bogdanov, il rejette avec indignation l’idée de démissionner du poste “fromage ET dessert” qu’il occupe depuis plus de treize ans, presque deux septennats, à l’Institut du Monde Arabe, l’IMA.
On pourra gloser – le sujet n’est pas vain et, j’espère, pas clos – sur sa prétendue naïveté envers le véritable personnage de J.E… étant pourtant tout sauf naïf sur ce que sont les sociétés et les états “offshore” , qui permettent de luxueuses transactions, légalement à l’abri des rapaces administrations fiscales. Mais j’alerte depuis longtemps, sur ce blog (on peut flûter…) sur la gérontocratie qui sévit chez nous. Ce type a une retraite aux petits oignons ; il avait 73 ans révolus quand il a pris les rênes de l’IMA ; c’était déjà en dehors des clous ! les fonctionnaires, du gratin ou du bas de l’échelle, doivent lâcher les généreuses mamelles de l’Etat à 70 ans maximum, et en 2013 c’était déjà le cas. Donc ? on vole, littéralement, du boulot utile à des gens certainement talentueux et nettement plus jeunes. Hélas, on trouve, sans trop chercher, aux sommets de l’Etat, des tas de septuagénaires avancés, d’octogénaires déplumés, voire branlants : que font-ils là ? y a personne d’autre ?
Ce devrait être sanctionné, nom d’une pipe ! La retraite à 70 ans maxi, c’est donc juste ein stuckpapier (*) ? Faites ce que je dis, pas ce que je fais : c’est la crypto-devise de notre classe dirigeante. L’exemplarité, la déontologie, les règles ? c’est pour les autres.
Tibert
(*) ein stuckpapier : un torche-cul.
PS – Matisse, à 83 ans et plus, peignait comme un dieu : preuve qu’on peut occuper sa retraite agréablement, voire utilement, sans piquer le boulot et les émoluments de talents qui, eux, sont légitimes au service de notre beau pays.
