( Vaines tentatives d’endiguer un chouïa le déferlement des anglicismes : Le Parigot titrait, il y a peu : “un homme soupçonné d’avoir violé une jeune femme sur la terrasse d’un rooftop” . Si ce lieu insolite avait été un toit-terrasse, n’est-ce pas, on aurait été déçus… et l’Elysée, tiens, même l’Elysée : après le navrant brainwasher, dans un thouïtt (*) émis par Macronibus lui-même, on a droit à ça : “Le président Emmanuel Macron « ne fixe pas les prix des médicaments » : l’Élysée a réagi avec un tweet cinglant mercredi, barré d’un gros « FAKE NEWS ». A quoi ça sert qu’on ait les bobards ? les intox ? ou, pour faire académique, les infox ? à rien. Passons à autre chose. )
Le Monde nous entretient des soucis des bibliothécaires, aux USA : leurs clients les abreuvent de requêtes concernant des livres, qui n’existent pas ! Mais si, enfin, le tome II de “1984” … en fait, les divers moteurs d’IA disponibles sont fichus de vous créer tous les bouquins que vous voulez. Suffit de demander ! On a déjà pu lire des ouvrages entièrement créés par IA, aromatisés façon tel ou tel auteur, avec des canevas basés sur ce que vous voulez, une masseuse perverse + un trader jaloux, par exemple. Publiés, ça donnerait de vrais ouvrages ; avec une intrigue bien ficelée, ça pourrait même se vendre.
Malheureusement, s’il est facile de prouver l’existence d’un objet – en principe, il suffit de le montrer – il est très ardu, hors la logique mathématique armée d’axiomes, de démontrer qu’un objet n’existe pas. Un superbe exemple : Dieu, celui que vous voulez ; personne n’est fichu de vous le montrer (“Je te présente Dieu” – Enchanté, moi c’est Jean-Paul” ) mais des tas de gens vous soutiendront mordicus, contre tout bon-sens, que, si si, il est là-haut, il est triple, ou barbu, habillé d’une grande houppelande, etc. Alors, que faire ? d’aucuns proposent la démarche suivante – ruineuse en ressources de calcul et donc pour la Planète – de confronter plusieurs moteurs sur la même requête : si “la date de Marignan ?” ne révélera probablement pas de désaccords dans les réponses (pas besoin d’IA pour ça), on devrait, sur des questions concernant des références improbables, obtenir des écarts, voire des contradictions, DONC prouver que ces IA fabulent, inventent, hallucinent, pour employer le terme consacré.
C’est le drame de ces machines : elles ne savent pas répondre “Je ne sais pas” ou “ça n’existe pas, à ma connaissance” ; c’est évidemment vous qui avez mal formulé votre requête – ce qui pourrait, en outre, être le cas.
Tibert
(*) Pourquoi abonder ce très moche X, réseau-poubelle états-unien crypto-Donaldien ? on n’a pas de meilleurs canaux, en France, pour s’exprimer et le faire savoir ?
