Tous nos vains vœux

J’avais envoyé, comme d’hab’, des cartes de voeux à mes amis et proches ( je signale, à ce propos, que le prix des timbres devient carrément indécent ; la Poste semble vouloir nous décourager d’envoyer du courrier, qu’elle acheminait jadis en 24-48 heures maxi, et qui maintenant débarque rarement avant trois jours. C’est ça le progrès ! mais je ferme la parenthèse ) ; eh bien, le résultat de mes “Bonne année, portez-vous bien, gnagnagna…” ? mon copain Joseph F. m’annonce, hier soir, navré, que son épouse vient de passer, aux urgences de l’hôpital de A, nonobstant mes souhaits écrits, signés, explicites, de bonne santé. C’est la preuve, triste mais claire, que ça ne fonctionne pas ! A vrai dire, j’avais des doutes, depuis quelque temps.

Et puis le feu, la symbolique du feu, la fascination du feu : Bachelard a glosé là-dessus, fort savamment ; cependant que de jeunes personnes, qui ne l’ont jamais lu, croient ludique, beau, valorisant, de se produire, juchées sur les épaules d’un mâle porteur, brandissant vers un plafond hautement inflammable des bougies-étincelles allumées, fichées dans des goulots de bouteilles de mousseux pour que ça aille plus haut. Idem les incendies de bagnoles pour fêter le changement d’année : ça relève de la même croyance curieuse, archaïque, qui lie le feu à la fête. Le “feu de joie” , tenez : ça veut bien dire ce que ça veut dire. Il nous faudra des siècles, avant que l’être humain cesse de se vivre, face à son barbecue au charbon de bois, face à son feu de camp sous les étoiles, en homme des cavernes faisant rôtir, réjoui et l’estomac gargouillant d’avance, un auroch à l’entrée de son antre – dont le plafond, lui, était difficilement inflammable.

Tibert

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