Notre position elle est claire

Notre position est claire : gnagnagna” (énoncé de la claire position) ; ou, mieux, à l’oral : “Notre position elle est claire : ” , etc etc. C’est un tic verbal, ou écrit, des journaleux et des politiciens. La suite est généralement moins claire… Tenez, la clarté des eaux “minérales” (minérales, avec tout plein de guillemets) : “La réglementation sur les eaux minérales naturelles est claire : elle interdit tout traitement de désinfection ou de nature à modifier les caractéristiques microbiologiques (le microbisme) de l’eau. Or, dans son arrêté, le préfet du Gard… ” .

Il s’agit là d’un article du Monde sur l’action judiciaire, entreprise par un marchand d’eaux minérales naturelles contre le groupe concurrent Nestlé et contre l’Etat, accusé de complaisance envers cette multinationale suisse, surprise (*) à filtrer-désinfecter ses “eaux minérales naturelles” . Je ne vais pas vous rabâcher cette histoire ; juste pour pointer, derrière les tics de langage, les bidouilles pas trop claires ! C’était pourtant clair, non ?

Mais, basta sur les tics de discours… je voulais vous faire partager ma surprise – ooups, mon étonnement – il y a de cela quelques jours, découvrant l’éditorial du canard La Montagne : “François Hollande est le seul à incarner la synthèse à gauche” . J’ai accusé le coup, je dois dire. Qu’à Dieu ne plaise ! énoncerais-je, désolé, si j’y croyais (à Dieu). Oh my God ! soupireraient, navrés, les anglophones, croyants ou pas. Car si c’est cet homme qui incarne la synthèse à gauche, je plains la synthèse ! et c’est bien triste pour la gauche. Par ailleurs, je ne vais pas reprendre mon antienne sur la gérontocratie, mais enfin, une synthèse de soixante-treize ans en 2027, façon deuxième souffle, façon come-back fracassant, “attendez, ce coup-ci ça va bien fonctionner” , vous y croyez, vous ? ça vous parle ? Je cherche un adjectif, et c’est rassis qui me vient. Voilà : “l’incarnation d’une synthèse rassise” .

Tibert

(*) Surpris : qui est découvert. Utilisé très souvent, et abusivement, à la place de étonné. Je suis surpris de constater que, gnagnagna… ” . Eh non, je suis étonné, sauf à me surprendre moi-même, ce qui serait étonnant.

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