Assemblages connotés

( Il appert que parmi les noms cités en relation avec l’assassinat d’un jeune de 23 ans, qui avait le tort létal de ne pas penser-pencher à gauche, deux au moins sont connus sous pseudonymes, dont le député LFI, co-fondateur de feue « La Jeune Garde » . D’aucuns s’étonnent : « eh quoi, il est donc permis de s’inscrire à l’Assemblée sous un nom d’emprunt » ? Il semblerait que oui… ça s’est déjà vu, par exemple monsieur Copé ne s’appelait pas initialement ainsi ; peut-être d’autres. Imaginez si monsieur Hollande était inscrit sous « Flamby » ? Reste que la manie des faux-blazes est typique des trotskistes, vieux réflexe conspirationniste qui perdure, nonobstant l’absence actuelle de persécutions staliniennes ou policières. En prévision du matin du Grand Soir tant espéré, sans doute. )

Et puis madame Vassal, candidate de la droite « classique » à la mairie de Marseille, aurait dérapé dans l’aïoli : elle déclarait, il y a peu : “Mes valeurs sont le mérite, le travail, la famille, la patrie” . Argggh ! Benoît Payan, l’actuel maire socialiste (*), de lui balancer : « C’est le slogan de monsieur Pétain, ça » . Et madame Vassal de persister : « Oui, d’accord, mais moi, c’est mon slogan et ce sont mes valeurs » . Notons que, non, ce n’était pas pile-poil le slogan de monsieur Pétain ; le mérite manquait. Ceci étant, on y retrouve, trois sur quatre et dans l’ordre, le tiercé maudit ! Car il est des assemblages malvenus, comme dans le pinard on évite de coller du merlot avec de la folle-blanche et du petit-manseng. Mais prenez-les séparément : le travail ? Super, en principe. La famille ? Bon, c’est plan-plan, mais solide, classique, indémodable. La patrie ? D’aucuns ricanent, mais avec « famille » , ça sonne bien, et puis on est Français, non ? ce n’est pas la pire des citoyennetés, pas de quoi se défausser…

Mais mettez les trois ensemble, ce sont les hauts cris : les heures les plus sombres, gnagnagna…Pétain n’a pas privatisé les trois mots, que je sache, ce n’est pas « Les lithinés du Dr Gustin » ou « Hotchkiss-Grégoire » . Faut-il inférer, du dialogue cité plus haut, qu’il serait détestable de travailler, en bon membre de sa famille et en bon citoyen ?

C’est ici un petit échantillon préalable, dans la vaste foire d’empoigne des Municipales qui s’annonce. Ouvrons tout grand nos oreilles, mes amis, ça promet d’être croquignolet : on va en entendre, des « demain pour vous je peins la Lune en vert » et des « avec moi pour un meilleur Vieuxbourg-sur-Yvette » . Pauvre Yvette.

Tibert

(*) Maire, mais pas élu maire ; arrivé à ce poste grâce à une bidouille, la maire en titre s’étant mise rapidement en retrait pour des raisons, disons, curieuses.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Recopiez ces symboles *