( Je répugne à en traiter, mais la scène internationale est assez ahurissante, ces temps-ci. Voyez, le Donald, là… “Tiens, ce truc m’irait bien… allez hop, c’est à moi. Ah c’est à quelqu’un d’autre ? non mais… pousse-toi, que j’te dis, je l’veux ! y m’ le faut ! sinon ça va ch..er” . Elégant, non ? Et l’autre Bibendum, là, qui aurait interdit à quiconque, dans son royaume farpait, de porter des manteaux de cuir : c’est pour lui tout seul, ou ses proches obligés. Ses obligés, sa cour, on les voit invariablement – cette photo, parmi tant d’autres – prendre pieusement des notes sur un petit calepin, tandis que Son Enflure distille la Bonne Parole. Des mâles, exclusivement, la bonne cinquantaine, tristes comme des bordures de trottoir, le nez sur leur pense-bête : surtout avoir l’air servile et appliqué ! C’est ça la politique, mesdames-messieurs.
Plus gai : ma copine Francine (*) a commandé des billets SFCN pour aller à Rennes, vendredi… évidemment, choisir sa place, avoir de la wifi, un bagage un chouïa plus gros, tout ça, ce sont des options, payantes : la vie moderne. Prévoyez de ne pas avoir à aller pisser. Et ce matin, elle reçoit ses billets, électroniques, what else ? de superbes QR-codes , forcément, à emmancher sur son smartphone (beurk), et puis ce délicieux message : “Francine, bientôt le grand départ ! ” . Les bornes du ridicule tombent tous les jours.
Et hier c’était, soi-disant, le “blue monday” . Une radio périphérique ( tout ce qui est périphérique orbite autour de Paris, c’est structurel et immuable) l’énonçait hier. Le jour le plus tristounet de l’année… donc en anglais, ça s’impose. Vous connaissez la blague grand-bretonne, bien dans le ton ? “On a eu de la chance cette année : l’été est tombé un dimanche” . Mais passons… avec déjà le black friday, les french days, le dry january, Halloween et les week-ends, notre calendrier à nous, dans notre langue, va bientôt se retrouver en confettis. Sachant qu’au départ il était grégorien… Je regrette Nivôse, Ventôse et Prairial : les créations de Fabre d’Eglantine avaient autrement de la gueule que le sinistre blue monday, que j’aurais plutôt vu peint en gris, gris sombre. Bordure de trottoir.
Tibert
(*) Francine est un prénom d’emprunt, pour préserver l’incognito d’Isabelle. En outre, ne l’attendez pas sur le quai : elle ne va pas à Rennes, mais à Yeurs. Protégeons nos vies privées !
